Un modèle d'IA en retard sur la concurrence
Meta a officiellement dévoilé Muse Spark, son premier modèle d'intelligence artificielle développé par son laboratoire Superintelligence Labs, surnommé Avocado. Pourtant, malgré des investissements estimés à plusieurs centaines de millions de dollars, ce modèle peine à tenir la comparaison avec les géants du secteur.
Une annonce qui fait bondir l'action Meta, mais sans réel impact
Dès l'annonce, l'action de Meta a grimpé de 6 %, reflétant l'enthousiasme des investisseurs. Cependant, un cadre de l'entreprise a rapidement tempéré les attentes : Muse Spark ne pourra pas rivaliser avec des modèles comme ChatGPT (OpenAI), Claude (Anthropic) ou Gemini (Google), selon des déclarations rapportées par Bloomberg.
Dans un billet de blog accompagnant le lancement, Meta a reconnu que Muse Spark n'était qu'un « premier jalon » sur sa trajectoire, précisant que des modèles plus puissants sont en développement. Une admission qui soulève une question : pourquoi annoncer un modèle aussi limité ?
Une stratégie pour s'imposer dans le jeu des grands ?
Selon Wired, Meta chercherait simplement à « s'asseoir à la table des grands », une stratégie visant à marquer sa présence dans un secteur dominé par quelques acteurs majeurs. Cette approche rappelle les débuts de l'entreprise dans l'IA, après avoir abandonné son modèle open source pour se tourner vers des solutions fermées, comme la plupart de ses concurrents.
Des méthodes de développement controversées
Le modèle Muse Spark a été entraîné en utilisant des données issues de modèles open source tiers, dont un développé par Alibaba en Chine. Cette technique, appelée « distillation », consiste à former un modèle « élève » à partir d'un modèle « parent » plus performant. Une méthode déjà critiquée par le passé.
Cette approche n'est pas nouvelle pour Meta. Ses précédents modèles open source, comme Llama, ont déjà connu des échecs retentissants. En 2023, une enquête a révélé que Meta aurait faussé des résultats de benchmark pour donner l'illusion que son modèle Llama 4 était plus performant qu'il ne l'était réellement. Yann LeCun, ancien responsable de l'IA chez Meta, avait alors déclaré au Financial Times :
« Les résultats étaient un peu truqués. Mark Zuckerberg était furieux et a perdu confiance dans toute l'équipe impliquée. Il a mis de côté toute l'organisation de l'IA générative. Beaucoup de gens sont partis, et d'autres vont suivre. »
Une course aux talents et aux investissements
Après ce fiasco, Meta a lancé une recrutement massif, dépensant des centaines de millions de dollars pour recruter des experts en IA et reconstituer une équipe capable de rivaliser avec les leaders du secteur. Pourtant, des doutes persistent quant à la capacité de Muse Spark à relancer les ambitions de Zuckerberg.
Pendant ce temps, OpenAI, Anthropic et Google ont déjà pris une longueur d'avance, en ciblant les entreprises avec des assistants de codage puissants et des solutions sur mesure. Les premiers benchmarks disponibles ne donnent pas non plus une image très flatteuse de Muse Spark, malgré quelques résultats encourageants publiés par des sociétés spécialisées comme Artificial.
Un pari risqué pour Meta
Avec Muse Spark, Meta tente de se repositionner dans la course à l'IA, mais les défis sont immenses. Entre des méthodes de développement controversées, des résultats mitigés et une concurrence féroce, l'entreprise doit prouver qu'elle peut tenir ses promesses. Pour l'instant, le pari semble loin d'être gagné.