Depuis plusieurs années, le secteur automobile britannique affirme que la demande en véhicules à zéro émission (ZEVs) reste insuffisante pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement. Pourtant, les données officielles contredisent ces allégations. Selon le mandat ZEV, les constructeurs doivent respecter des quotas croissants de ventes de ZEVs, passant de 22 % en 2024 à 80 % d’ici 2030. Malgré les craintes exprimées par la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT) en novembre 2024, selon lesquelles le marché atteindrait à peine 18,7 % de ZEVs, les chiffres définitifs publiés début 2026 révèlent une réalité différente.

Contrairement aux prévisions alarmistes, le marché automobile britannique a dépassé ses obligations en 2024. Les constructeurs ont ainsi évité toute amende pour non-respect des quotas, malgré un taux de pénétration des ZEVs de seulement 19,8 % dans les immatriculations. Ce résultat s’explique par l’existence de flexibilités introduites après le lobbying des constructeurs, permettant de réduire les objectifs individuels en vendant des véhicules à faibles émissions, comme les hybrides ou les modèles essence moins polluants.

Ces mécanismes ont permis au marché de respecter l’équivalent d’un objectif de 24,5 % de ZEVs, soit un surplus de 2,5 % réutilisable pour les années suivantes. Les données officielles montrent ainsi que l’industrie a non seulement atteint, mais dépassé, les exigences du mandat ZEV.

Un lobbying efficace pour des règles plus souples

Les constructeurs automobiles ont activement milité pour l’assouplissement des règles, arguant que la « demande naturelle » restait en deçà des objectifs imposés. Ces flexibilités, ajoutées au fil du temps, ont joué un rôle clé dans l’atteinte des quotas. Parmi elles figurent :

  • La prise en compte des véhicules hybrides rechargeables et des modèles essence à faibles émissions.
  • La possibilité de « reporter » des quotas non atteints sur les années suivantes.
  • L’échange de crédits entre constructeurs pour équilibrer les écarts.

Ces ajustements ont permis à l’industrie d’éviter des pénalités estimées à 1,8 milliard de livres sterling en cas de non-respect des objectifs initiaux.

Une stratégie médiatique et politique remise en question

Chaque mois, les statistiques de ventes de véhicules publiés par la SMMT sont accompagnées de déclarations des constructeurs et relayées par une partie de la presse, affirmant que les objectifs ne sont pas atteints. Pourtant, les chiffres définitifs contredisent systématiquement ces annonces. Cette discordance soulève des questions sur la transparence des données et l’influence du lobbying industriel dans la définition des politiques publiques.

« Les constructeurs ont réussi à transformer un objectif strict en un système où les flexibilités permettent de contourner les exigences initiales. »