L’excès de graisse abdominale, un danger sous-estimé pour le cœur
Une nouvelle étude met en lumière un facteur de risque souvent négligé : l’excès de graisse localisée au niveau du ventre. Contrairement à l’indice de masse corporelle (IMC), le tour de taille serait un meilleur prédicteur du risque d’insuffisance cardiaque, selon les chercheurs.
Inflammation et graisse abdominale : un lien dangereux
Les scientifiques expliquent que la graisse abdominale favorise une inflammation systémique dans l’organisme. Ce phénomène affaiblit le système immunitaire, endommage les vaisseaux sanguins et favorise la formation de tissus cicatriciels dans le cœur. Réduire cette inflammation pourrait ainsi diminuer le risque de défaillance cardiaque chez les personnes concernées.
Une étude présentée lors d’un congrès majeur
Ces résultats, encore non publiés dans une revue scientifique, seront exposés du 17 au 20 mars 2026 lors des sessions scientifiques EPI/Lifestyle de l’American Heart Association (AHA) à Boston. Les chercheurs espèrent que leurs travaux inciteront à repenser la surveillance de la santé cardiovasculaire.
« Cette étude nous aide à comprendre pourquoi certaines personnes développent une insuffisance cardiaque malgré un poids corporel apparemment sain. »
Szu-Han Chen, auteur principal de l’étude et étudiant en médecine à l’Université nationale Yang Ming Chiao Tung (Taïwan)
Pourquoi le tour de taille compte plus que l’IMC ?
Contrairement à l’IMC, qui mesure la masse corporelle totale, le tour de taille reflète la quantité de graisse viscérale, plus dangereuse pour le cœur. Les experts recommandent donc aux professionnels de santé d’intégrer cette mesure dans leurs évaluations.
Les recommandations des cardiologues
Kevin Shah, cardiologue et directeur du programme de prévention de l’insuffisance cardiaque au MemorialCare Heart Vascular Institute (Californie), souligne :
« Cette étude confirme un concept clé en cardiologie : la localisation de la graisse compte plus que le poids total. Les cliniciens et les patients devraient accorder plus d’attention au tour de taille et à l’obésité centrale, même si l’IMC semble normal. »
Mir Ali, chirurgien bariatrique et directeur du centre de perte de poids MemorialCare (Californie), ajoute :
« Cette étude renforce les preuves selon lesquelles l’obésité centrale représente un risque cardiovasculaire plus élevé que l’obésité périphérique. »
Un contexte scientifique déjà établi
Ces conclusions s’appuient sur une déclaration scientifique de l’American Heart Association (AHA) publiée en mai 2025. L’AHA y expliquait comment l’inflammation chronique endommage les vaisseaux sanguins et favorise les maladies cardiaques. L’organisation a également lancé un défi de données sur l’inflammation pour mieux comprendre son rôle dans les pathologies cardiovasculaires.
Que retenir pour la santé cardiovasculaire ?
- Mesurer régulièrement son tour de taille : un indicateur plus fiable que l’IMC pour évaluer les risques cardiaques.
- Surveiller les marqueurs d’inflammation : une piste pour prévenir l’insuffisance cardiaque.
- Adapter son mode de vie : réduire la graisse abdominale et limiter l’inflammation par une alimentation équilibrée et de l’exercice.