Une politique historique remise en question

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, a annoncé dans une vidéo publiée sur X (ex-Twitter) que les militaires américains ne seraient plus tenus de se faire vacciner contre la grippe pour servir dans l’armée. Dans un mémo accompagnant cette annonce, il précise que cette mesure s’applique à tous les militaires actifs, réservistes et civils du département de la Défense.

« Nous saisissons cette opportunité pour abandonner des directives absurdes et excessives qui affaiblissent nos capacités de combat. »

« Dans ce cas précis, cela inclut le vaccin universel contre la grippe et son obligation. »

Selon Hegseth, cette décision s’inscrit dans une logique de respect des convictions personnelles : « Si vous êtes un soldat américain chargé de défendre cette nation, et que vous estimez que le vaccin contre la grippe est dans votre intérêt, vous êtes libre de le faire. Mais nous ne vous y forcerons pas, car votre corps, votre foi et vos convictions ne sont pas négociables. »

Un retour en arrière historique

Contrairement à ce qu’affirme le secrétaire à la Défense, l’obligation vaccinale contre la grippe dans l’armée n’est pas une mesure récente. Instaurée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle fait suite à la pandémie de grippe de 1918, qui avait touché entre 20 % et 40 % des effectifs de l’armée américaine, affaiblissant considérablement les capacités militaires.

Vaccins et enjeux politiques

Cette décision s’inscrit dans un contexte politique tendu. L’administration Biden avait imposé un vaccin contre le Covid-19 aux militaires en août 2021, entraînant le renvoi de près de 8 000 soldats refusant la vaccination. La plupart n’ont pas été réintégrés après l’abrogation de cette obligation en décembre 2022.

Parallèlement, les maladies infectieuses resurgissent aux États-Unis. En 2023, le pays a enregistré les taux de rougeole les plus élevés depuis trois décennies, un phénomène lié à la baisse de la couverture vaccinale. Les épidémies de grippe sévères se multiplient également, tandis que des experts s’alarment des modifications apportées par l’administration Trump au calendrier vaccinal de l’enfance.

Une décision controversée en temps de guerre

Alors que les États-Unis sont engagés dans un conflit en Iran, cette annonce intervient à un moment où l’attention devrait se concentrer sur les objectifs militaires. Certains y voient une manœuvre politique pour rallier une partie de l’électorat opposée aux obligations vaccinales, dans la perspective des prochaines élections de mi-mandat.

Cette décision pourrait également alimenter les tensions culturelles internes, plutôt que de répondre aux défis d’une guerre impopulaire et sans issue en vue.