Le gouvernement de Donald Trump pourrait une nouvelle fois voler au secours de Spirit Airlines, en difficulté financière pour la deuxième fois en moins de deux ans. Face à cette situation, une coalition de compagnies aériennes low-cost, incluant Frontier, Avelo et Spirit, a sollicité les autorités fédérales pour la création d’un fonds d’urgence de 2,5 milliards de dollars.

Cette enveloppe vise à atténuer l’impact de la flambée des prix du carburant, conséquence directe de la guerre en Ukraine et des tensions géopolitiques. Dans une lettre adressée aux responsables gouvernementaux, l’Association of Value Airlines a souligné que ces fonds permettraient de « stabiliser les opérations et de maintenir les tarifs aériens abordables ». Elle compare cette demande à l’adoption du CARES Act en 2020, qui avait permis de sauver de nombreuses entreprises au début de la pandémie.

« La domination des grandes compagnies aériennes n’a jamais été aussi forte, et les acteurs low-cost en subissent disproportionnellement les conséquences », a déclaré le groupe. « Pourtant, ces compagnies jouent un rôle essentiel pour rendre le voyage aérien accessible au plus grand nombre. »

Cette demande intervient alors que l’administration Trump étudie un plan de sauvetage pour Spirit Airlines, qui pourrait bénéficier d’un soutien public de 500 millions de dollars. En échange, le gouvernement obtiendrait une participation au capital de la compagnie. « Ils possèdent de bons avions et des actifs solides. Quand le prix du pétrole baissera, nous pourrons les revendre avec profit », a déclaré Trump lors d’une conférence de presse la semaine dernière. « J’aimerais sauver ces emplois. J’aimerais sauver une compagnie aérienne. J’aime l’idée d’avoir plusieurs compagnies pour maintenir la concurrence. »

Selon le Wall Street Journal, le président américain aurait déjà rencontré le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, et le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, pour discuter des modalités d’un éventuel accord. Pourtant, cette approche interventionniste ne fait pas l’unanimité, y compris au sein de l’administration.

Lors d’une interview sur CBS, Sean Duffy a exprimé ses réserves : « Qui d’autre frappera ensuite à ma porte ? » a-t-il déclaré. Une question qui semble déjà trouver une réponse parmi d’autres compagnies low-cost. « La question est de savoir si nous pouvons sauver Spirit et la rendre viable, ou si nous allons gaspiller de l’argent dans une entreprise qui finira inévitablement en liquidation. »

Les réticences ne se limitent pas à l’exécutif. Plusieurs élus républicains au Congrès ont critiqué cette idée de sauvetage. Le sénateur Ted Cruz a qualifié la proposition de « TERRIBLE idée » sur X (ex-Twitter), ajoutant : « Le gouvernement ne sait absolument rien gérer, encore moins une compagnie aérienne low-cost en faillite. » De son côté, le sénateur Tom Cotton a également exprimé ses doutes quant à la rentabilité d’un tel investissement pour l’État.

Cette situation illustre les tensions croissantes entre la volonté de protéger les emplois et les entreprises stratégiques, et les principes de libre marché défendus par une partie de la classe politique américaine.