Les étiquettes indiquant qu’un aliment est « sain » influencent directement les choix des consommateurs, qui privilégient davantage les collations nutritives et acceptent de payer un supplément pour ces produits, selon une récente étude. Ces conclusions s’appuient sur une redéfinition du terme « sain » par la Food and Drug Administration (FDA) en 2024, une mise à jour alignée sur les dernières avancées scientifiques en nutrition et les directives fédérales.

Pour la première fois, l’agence a également proposé un logo « FDA healthy » destiné à figurer sur les emballages, bien que son adoption définitive soit encore en cours d’évaluation. Une recherche menée par des scientifiques de l’Oregon State University et de l’Université Tufts a analysé les préférences d’achat des consommateurs face à des produits étiquetés ou non comme « sains », en intégrant la nouvelle définition de la FDA et son symbole d’approbation.

« Notre principal constat est que la confiance dans les institutions gouvernementales joue un rôle clé. Les consommateurs sont prêts à payer plus cher pour un produit portant ce label », explique Katherine Fuller, professeure adjointe à l’Oregon State University et spécialiste du comportement des consommateurs, notamment dans le domaine alimentaire et durable. Elle souligne que cette tendance rejoint des études antérieures sur le label « bio » de l’USDA, également associé à un surcoût.

Publiée dans la revue Food Quality and Preference, l’étude a été menée en 2023 auprès de 267 participants dans six supermarchés de la région de Boston. Les volontaires, équipés de tablettes, ont visualisé 15 produits réels, dont neuf jugés « sains » et six non conformes aux nouveaux critères de la FDA. Chaque participant a d’abord évalué les produits sans étiquette, puis a revu les mêmes articles avec un label générique « sain » ou le logo officiel de la FDA pour ceux répondant aux normes. Les participants disposaient de 5 dollars en espèces et d’une carte cadeau de 10 dollars, utilisables pour acheter un produit de leur choix parmi ceux présentés. Cette méthode a permis de simuler une expérience d’achat réaliste.

« Donner aux participants un pouvoir d’achat dans un cadre proche de la réalité nous a permis d’observer plus précisément l’impact des étiquettes sur leurs décisions », précise Sean Cash, auteur principal de l’étude et président de la Division Agriculture, Alimentation et Environnement à l’Université Tufts. Économiste spécialisé dans les politiques alimentaires et le comportement des consommateurs, il ajoute que chaque participant a également répondu à un questionnaire sur ses données démographiques, sa connaissance des aliments sains et son niveau de confiance envers les institutions.

Principaux résultats de l’étude

  • Les consommateurs ont systématiquement privilégié les collations étiquetées « saines » plutôt que les options moins nutritives.
  • L’ajout d’un logo « sain », qu’il soit générique ou officiel de la FDA, a renforcé cette préférence.
  • Seul le logo « FDA healthy » a eu un impact statistiquement significatif sur les choix des consommateurs.
  • Les participants ont confirmé leur disposition à payer un prix plus élevé pour les produits estampillés, reflétant une confiance accrue dans l’approbation réglementaire.

Cette étude met en lumière l’importance des labels validés par des autorités sanitaires pour orienter les comportements d’achat vers des choix plus sains, tout en soulignant le rôle clé de la confiance dans les institutions publiques.