Les amateurs de catch, ce spectacle mêlant théâtre, anime et LARP, le savent bien : suivre les fédérations comme l'All Elite Wrestling (AEW) ou la World Wrestling Entertainment (WWE) relève souvent d’un parcours semé d’embûches. L’une commet une bourde monumentale, et l’autre, en restant discrète, semble soudainement compétente. Pourtant, un point commun unit ces deux géants du ring : leurs maillots sont systématiquement ratés.

Si vous jetez un œil aux boutiques en ligne de l’AEW ou de la WWE aujourd’hui, vous constaterez que leurs collections de maillots se classent en trois catégories :

  • Des classiques inspirés, mais gâchés par des logos mal placés ;
  • Des pièces ultra-spécifiques, évoquant un changement de titre, qui ressemblent davantage à un projet de scrapbooking qu’à un vêtement ;
  • Des créations dignes d’un amateur de graphisme, où un logo et une phrase tape-à-l’œil s’affrontent sans harmonie.

Et pour des prix souvent exorbitants, la plupart de ces maillots sont tellement laids que personne ne les porterait, sauf à être coincé sous une montagne de linge.

Dès qu’un nouveau drop de merchandising est annoncé, mes amis et moi échangeons des messages – non pas pour vanter les mérites des designs, mais pour nous moquer de leur laideur croissante. Une tradition qui dépasse les clivages entre fédérations.

Même dans leurs meilleurs jours, les maillots de catch souffrent soit d’un minimalisme sans âme, à l’image des maillots de la NBA, soit d’un excès de références aux memes internet, devenant obsolètes dès leur sortie. Certains designs frôlent le ridicule, à l’instar des maillots de la série Dragon Ball Z des années 90.

Et quand un design parvient à marquer les esprits – comme le logo du Bullet Club dans les années 2010 –, il est exploité jusqu’à l’épuisement, au point de devenir le symbole d’un personnage que personne ne veut fréquenter. Certes, certains maillots sont hilarants, mais personne n’a envie d’expliquer pourquoi il porte un vêtement arborant des phrases comme « Big, Black, and Jacked » ou « Scissor Me, Daddy Ass ».

Ce n’est pas pour briller par mon talent à critiquer les maillots de catch que j’écris ces lignes. Je souhaite simplement mettre en lumière un problème récurrent : les maillots de catch ne sont pas conçus pour être portés. Leurs designs semblent faits pour orner les murs d’une chambre d’étudiant, aux côtés d’affiches de Pulp Fiction et de rouleaux de Naruto, plutôt que pour habiller un corps humain.

La moitié de ces créations fonctionneraient mieux en tant que fonds d’écran que comme vêtements. À ce prix-là, on s’attendrait à mieux.

Source : Aftermath