Une baisse des prix de l'essence plus lente que prévu
Même si le conflit en Iran s'achevait aujourd'hui et que le détroit d'Ormuz rouvrait entièrement, les prix de l'essence ne retrouveraient pas rapidement leurs niveaux d'avant-guerre. Cette situation prolongée pourrait influencer les élections de mi-mandat aux États-Unis.
Les prévisions des experts
Le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, a déclaré à CNN que les prix pourraient ne pas redescendre sous la barre des 3 dollars le gallon avant 2025. Une estimation plus optimiste que celle du président Trump, qui évoquait une baisse plus rapide.
Un marché pétrolier sous haute tension
Les analystes de S&P Global ont modélisé plusieurs scénarios. Même dans le plus optimiste, où le détroit d'Ormuz retrouverait rapidement son flux normal, les prix de l'essence aux États-Unis mettraient des années à revenir à leur niveau d'avant-guerre.
« Même dans le scénario le plus optimiste, les prix de l'essence à la pompe mettront jusqu'en 2027 à retrouver leurs niveaux d'avant-guerre. »
— Rob Smith, directeur de la recherche et du marketing chez S&P Global
Des délais logistiques et économiques
La baisse des prix du pétrole met du temps à se répercuter sur les stations-service. Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- Les coûts logistiques élevés ;
- Les stations-service écoulent leurs stocks achetés à prix fort ;
- La reprise de la production pétrolière dans le Golfe persique prendra des mois, voire des années.
Des effets secondaires du conflit
La fermeture partielle du détroit d'Ormuz a des répercussions mondiales. Les pays du Golfe persique, privés de leur principale route d'exportation, ont réduit leur production de plusieurs millions de barils par jour. Une reprise complète prendra du temps.
Quand les prix pourraient-ils baisser ?
Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy, estime que certains États pourraient voir les prix passer sous la barre des 3 dollars d'ici la fin de l'année, mais uniquement dans des régions où les coûts sont traditionnellement bas.
« Je pense qu'il y a une chance que certains États voient les prix passer sous les 3 dollars d'ici la fin de l'année. »
— Patrick De Haan, responsable de l'analyse pétrolière chez GasBuddy
Tom Kloza, analyste pétrolier expérimenté, reste sceptique :
« Je ne crois pas que les prix reviennent aux niveaux d'avant-guerre cette année, même si le détroit d'Ormuz retrouve une normalité immédiate. »
— Tom Kloza, conseiller chez Gulf Oil
Ce qu'il faut retenir
- Les prix de l'essence ne redescendront pas rapidement, même en cas de résolution du conflit ;
- Les délais logistiques et économiques ralentissent la baisse des prix ;
- Certains États pourraient voir une légère baisse d'ici la fin de l'année, mais pas tous.