Les sénateurs républicains ont présenté un plan controversé visant à financer les opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et la construction d’un salon de bal à la Maison-Blanche, selon une annonce faite mercredi matin. Le projet, qui s’élève à près de 72 milliards de dollars, serait entièrement couvert par l’emprunt, selon l’analyse du Congressional Budget Office (CBO).
Sur ce montant, 38 milliards de dollars seraient alloués à l’ICE, tandis que 26 milliards financeraient des programmes de l’U.S. Customs and Border Protection (CBP). Parmi ces dépenses, 19,1 milliards de dollars serviraient à recruter, former et équiper les agents des frontières, et 3,5 milliards seraient dédiés aux contrôles frontaliers.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie républicaine pour contourner l’opposition des démocrates à ces financements. Le processus de réconciliation budgétaire, normalement utilisé pour réduire le déficit, est ici détourné pour augmenter les dépenses sans compensation, selon les experts. William W. Beach, directeur du Fiscal Lab sur Capitol Hill, qualifie cette initiative de « précédent dangereux », craignant qu’elle ne donne un pouvoir de dépense illimité à la majorité.
Dominik Lett, analyste fiscal à l’Institut Cato, souligne que ce projet ne prévoit aucun mécanisme de compensation. « Ils ne tentent même pas d’équilibrer les comptes », a-t-il déclaré. Le sénateur Jeff Merkley (D-Oregon), membre clé de la commission budgétaire, a annoncé son intention de contester toute violation des règles de la réconciliation, un outil conçu à l’origine pour faciliter la réduction des déficits.
En plus des fonds pour l’ICE et le CBP, le projet inclut 1 milliard de dollars pour le Secret Service, destiné à renforcer la sécurité et les infrastructures de l’aile Est de la Maison-Blanche, où se trouve le futur salon de bal de Donald Trump. Initialement présenté comme un projet « gratuit » pour les contribuables, le coût de ce salon a rapidement explosé. Le sénateur Lindsey Graham (R-Caroline du Sud) a récemment admis que les contribuables devraient assumer environ 400 millions de dollars de cette dépense. Avec l’inflation des coûts, les 1 milliard de dollars prévus risquent de s’avérer insuffisants.