Un mouvement politique en plein essor

Le libéralisme de l'abondance s'impose comme l'une des rares avancées politiques significatives des dernières années. Ce courant, popularisé par des figures comme Ezra Klein et Derek Thompson (auteurs du livre phare du mouvement), ainsi que Matt Yglesias, Catherine Rampell, Kelsey Piper, Noah Smith et Jerusalem Demsas, rassemble des penseurs de gauche libérale prônant des approches fondées sur le marché pour résoudre des problèmes sociétaux majeurs.

Des alliés inattendus pour les libertariens

Ce mouvement suscite un intérêt croissant, y compris parmi les défenseurs des libertés économiques. Des personnalités comme Cass Sunstein, professeur de droit renommé, ont récemment exprimé une nouvelle appréciation pour le libertarianisme, illustrant cette convergence idéologique. Bien que ce courant présente des limites et des contradictions internes, il représente une opportunité précieuse pour les libertariens et les partisans des marchés libres, dans un contexte où les alliés se font rares.

Les critiques et leurs limites

Malgré l'enthousiasme général pour ce mouvement, les critiques émanant de libertariens et de conservateurs partisans des marchés libres, comme Bryan Caplan, Samuel Gregg et Richard Reinsch, soulignent des incohérences. Ces derniers pointent notamment le fait que les partisans du libéralisme de l'abondance adoptent des positions pro-marché sur certains sujets, comme le commerce ou le logement, tout en rejetant ces mêmes approches sur d'autres, comme la santé ou l'éducation. Pourtant, les arguments en faveur de la réduction de l'intervention gouvernementale dans les premiers domaines s'appliquent tout aussi bien aux seconds.

« Les critiques ont raison de souligner ces contradictions, mais cela ne doit pas occulter les avancées concrètes que ce mouvement apporte. »

Une priorité claire : les enjeux majeurs

Les questions sur lesquelles les partisans du libéralisme de l'abondance proposent des avancées significatives vers des marchés plus libres – logement, commerce, immigration et énergie nucléaire – sont d'une importance capitale. Ces enjeux touchent directement la vie, la liberté et le bonheur de millions de personnes. Une coalition centrée sur ces priorités pourrait avoir un impact considérable, malgré les divergences sur d'autres sujets.

Les critères de priorisation des enjeux

En 2024, une analyse avait été publiée pour définir les priorités en fonction de trois critères :

  • L'ampleur des effets sur la liberté et le bien-être humain : les enjeux ayant un impact majeur méritent une attention prioritaire.
  • La facilité de mise en œuvre des solutions : les problèmes solubles rapidement doivent être privilégiés.
  • La possibilité de progrès incrémentaux : les enjeux où des avancées progressives sont possibles doivent être favorisés, sauf dans des contextes révolutionnaires.

Les sujets soutenus par les partisans du libéralisme de l'abondance répondent à ces trois critères. Par exemple, le logement et les restrictions à l'immigration, déjà mis en avant dans l'analyse de 2024, illustrent cette approche. Ces enjeux ont un impact colossal sur la liberté et le bien-être, et leurs solutions passent souvent par la réduction des interventions gouvernementales nuisibles. Même si des réformes radicales comme l'abolition des zonages exclusifs sont difficiles, des progrès incrémentaux restent envisageables.

Une opportunité à saisir

Malgré ses imperfections, le libéralisme de l'abondance offre une chance unique de faire avancer des causes communes. En se concentrant sur des enjeux concrets et prioritaires, ce mouvement pourrait devenir un allié précieux pour les défenseurs des libertés économiques, tout en contribuant à améliorer le bien-être de millions de personnes.

Source : Reason