Je sais que je ne suis plus tout jeune. Ma playlist de running ne contient plus de titres sortis après 2010. Tous mes jeans sont skinny. Et si je me réjouis des évolutions sociétales, je regrette que les aéroports n’aient plus de salons fumeurs. Alors, quand j’ai appris que l’ornithologie était devenue une activité tendance depuis la pandémie, je n’ai pas pu résister à l’envie de tenter l’expérience.
Cette semaine, j’ai donc franchi le pas : à 6 heures du matin, j’ai enfilé mes chaussures de marche pour arpenter un parc en observant les oiseaux, avant de me lancer dans un jeu vidéo dédié. Une activité qui, à première vue, ne correspondait pas à mes habitudes sportives comme la course à pied ou le vélo, où l’on se déplace rapidement plutôt que de rester immobile.
Pourtant, je dois l’avouer : parfois, un oiseau coloré ou inconnu attire mon attention. J’ai déjà essayé de l’identifier via Google, mais sans jamais approfondir. La seule fois où j’ai cru entendre des monstres en pleine nuit en camping, c’était en réalité le chant d’une chouette rayée.
Mon envie de me lancer dans l’ornithologie est née d’un besoin : échapper aux notifications Slack et aux tableaux Excel dès le réveil. Sortir, marcher, observer les arbres et l’eau plutôt que mon écran. J’ai rejoint un petit groupe régulier, encadré par un passionné qui connaissait chaque espèce, leur comportement et leur habitat. Pour moi, novice, c’était une révélation.
J’ai vite compris que cette activité demande des compétences que je ne maîtrisais pas. Tenir des jumelles correctement après des années sans pratique s’est avéré être un vrai défi. Je fixais un oiseau à l’œil nu, mais dès que je portais les jumelles, il disparaissait du champ de vision. J’ai progressé au fil de la matinée, mais il me reste du travail.
Autre découverte : l’ornithologie exige une patience que je croyais avoir, mais qui m’a fait défaut. Les oiseaux ne se posent pas pour nous attendre, et une fois repérés, ils ne restent pas en place. Les plus petits sont particulièrement vifs, et j’ai souvent entendu les autres membres du groupe s’exclamer devant un spécimen que je ne parvenais pas à localiser. « Où est-il passé ? » ai-je failli gémir plus d’une fois, comme un enfant capricieux.
Malgré ces difficultés, je suis rentré chez moi avec un sentiment de satisfaction. Quand j’ai enfin cédé à l’appel des notifications, j’ai réalisé que cette matinée avait été bien plus enrichissante que prévu. Et qui sait ? Peut-être que l’ornithologie deviendra une nouvelle passion.