Le système électrique mondial a connu une avancée majeure en 2025 : pour la première fois depuis le début de la pandémie de COVID-19, la croissance de la demande mondiale d’électricité a été entièrement couverte par des sources d’énergie propres. C’est ce que révèle le dernier rapport de l’Ember, un think tank britannique spécialisé dans la transition énergétique, devenu une référence incontournable pour analyser l’évolution du secteur.

Selon les données publiées par Ember, cette année marque un tournant dans la décarbonation du mix électrique mondial. Le solaire, en particulier, s’impose comme le principal moteur de cette transformation, accélérant le déclin des énergies fossiles. Nicholas Fulghum, auteur principal du rapport et analyste senior en énergie et climat chez Ember, explique cette dynamique sans précédent.

Le solaire, nouveau pilier du système électrique mondial

Les records battus par le solaire ne surprennent plus les observateurs du secteur. Cependant, ce qui frappe en 2025, c’est l’ampleur inédite de cette croissance. « Chaque année, la capacité solaire installée dépasse les prévisions, et 2025 ne fait pas exception », déclare Nicholas Fulghum. « Le solaire devient la technologie la moins chère et la plus rapide à déployer à grande échelle, ce qui explique son adoption massive à travers le monde. »

Les données d’Ember montrent que le solaire a couvert près de 40 % de la croissance de la demande électrique mondiale en 2025, un chiffre en constante augmentation. Cette tendance s’observe aussi bien dans les pays développés que dans les économies émergentes, où l’accès à une électricité abordable et durable devient une priorité.

Une transition inégale selon les régions

Si la transition énergétique progresse à l’échelle mondiale, son rythme varie selon les régions. En Europe de l’Ouest et en Californie, les politiques ambitieuses et les investissements massifs dans les énergies renouvelables ont permis une réduction significative de la part des énergies fossiles. En revanche, dans certaines zones d’Asie du Sud-Est, la transition reste plus lente, en raison de dépendances historiques aux combustibles fossiles et de défis infrastructurels.

« La Chine joue un rôle clé dans cette dynamique », souligne Nicholas Fulghum. « Le pays représente près de 60 % de la capacité solaire mondiale installée en 2025. Son engagement en faveur des énergies propres influence directement la trajectoire du reste du monde. »

Les défis à venir : géopolitique et adaptation du réseau

Malgré ces avancées, des incertitudes persistent. Le rapport d’Ember souligne que les tensions géopolitiques, comme le conflit en Iran, pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement en 2026 et impacter les coûts de l’énergie. « Une escalade des tensions pourrait ralentir la transition dans certaines régions, notamment en Asie centrale et au Moyen-Orient », explique Fulghum.

Par ailleurs, l’intégration massive des énergies intermittentes comme le solaire et l’éolien pose un défi de taille : l’adaptation des réseaux électriques. « Les réseaux doivent évoluer pour gérer une production d’électricité de plus en plus décentralisée et variable », précise-t-il. « Les solutions incluent le stockage par batteries, les interconnexions entre pays et l’optimisation de la demande. »

Un avenir prometteur, mais des efforts nécessaires

Pour Ember, 2025 marque un point de bascule dans la transition énergétique. Cependant, les experts rappellent que cette dynamique doit être accélérée pour atteindre les objectifs climatiques. « Le solaire et les autres énergies propres progressent à un rythme sans précédent, mais cela ne suffit pas », insiste Nicholas Fulghum. « Il faut renforcer les politiques publiques, investir dans les infrastructures et accélérer l’innovation pour garantir une transition juste et durable. »

Alors que le monde s’éloigne progressivement des énergies fossiles, 2025 restera comme une année charnière. Le solaire, en tête de cette révolution, prouve que la transition énergétique n’est plus une option, mais une réalité en marche.