Matt Braly, le créateur de la série à succès Disney « Amphibia », avait tourné la page après l'abandon de son premier long-métrage d'animation, « Afterworld ». Coécrit avec Rebecca Sugar, créatrice de « Steven Universe », ce projet ambitieux, en préproduction chez Sony Pictures Animation, semblait définitivement enterré.
Braly avait partagé sur les réseaux sociaux des illustrations de production inutilisées, qualifiant plus tard cette période de « décharge publique traumatique ». Plutôt que de s'attarder sur cet échec, il s'est tourné vers un nouveau défi : lever des fonds pour « Clara and the Below », une réinterprétation gothique de « Casse-Noisette », produite par son studio Fantasy Project. La campagne de financement a dépassé les 443 000 dollars, et le premier volet sera diffusé sur YouTube avant Noël.
Mais alors que Braly se consacrait à d'autres projets, un phénomène inattendu s'est produit : « Afterworld » a connu un regain d'intérêt en Thaïlande. Le film, qui raconte le voyage d'un enfant thaïlandais handicapé dans un monde spirituel, a été salué sur les réseaux sociaux locaux. « Les gens disaient que Hollywood avait rejeté une histoire culturelle thaïlandaise, alors que des films comme « Vaiana » ou d'autres montrent que le public est prêt pour des récits inspirés de la Thaïlande », explique Braly.
Ce revirement de situation illustre le pouvoir des réseaux sociaux et de l'authenticité culturelle. Il intervient également dans un contexte où l'animation originale connaît un essor, avec des succès comme « Hoppers » de Pixar ou « Goat » de Sony parmi les films les plus rentables de l'année. « Afterworld » représente aussi une rare opportunité : un film spécifiquement thaïlandais, porté par des talents locaux.
Braly a été contacté par trois studios d'animation thaïlandais intéressés par la reprise du projet. D'abord réticent, il a finalement été convaincu par MONK (The Monk Studios), un studio ayant déjà collaboré à des productions majeures comme « Wish Dragon » (Sony) ou « Ne-Zha 2 » (Chine). « Ils étaient prêts à investir dès le début et à donner une nouvelle vie à « Afterworld » », confie Braly.
MONK détient désormais les droits du film et lancera une campagne de financement dès le marché du film d'Annecy fin mai. L'objectif ? Lever des fonds modestes, mais suffisants pour concrétiser ce projet ambitieux, loin d'un budget « low cost ».