Des ONG dénoncent le projet 'Name Tag' de Meta

Un collectif de plus de 75 organisations de défense des droits civils, des droits des LGBTQ+, des droits des travailleurs et des droits des migrants a signé une pétition exigeant l'annulation du projet de Meta d'intégrer une technologie de reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées Ray-Ban et Oakley. Cette fonctionnalité, appelée 'Name Tag', permettrait aux utilisateurs d'identifier des personnes en public et d'obtenir des informations les concernant via un assistant IA.

Une révélation qui fait scandale

Le New York Times a révélé en février dernier l'existence de ce projet. Selon des documents internes consultés par le journal, Meta prévoyait de lancer cette fonctionnalité lors d'une conférence destinée aux aveugles. L'entreprise estimait que les groupes de défense des droits humains seraient trop occupés par d'autres préoccupations en raison du contexte géopolitique tendu pour s'opposer à ce projet. Une analyse jugée naïve, voire cynique, par les signataires de la pétition.

« Nous allons lancer ce produit dans un contexte politique dynamique où de nombreux groupes de la société civile que nous nous attendons à voir nous attaquer auront leurs ressources concentrées sur d'autres préoccupations. »

Document interne de Meta, cité par le New York Times

Une opposition massive et unifiée

Dans une lettre ouverte adressée à Mark Zuckerberg, le collectif dénonce le projet de Meta, accusant l'entreprise de « profiter de la montée de l'autoritarisme et du mépris de cette administration fédérale pour l'État de droit pour déployer un produit qui nuira aux personnes vulnérables et mettra davantage en péril notre démocratie ». Les signataires qualifient ce comportement de « vil et indigne d'une entreprise ayant un rôle aussi prépondérant dans la formation de nos enfants, de notre société et de notre avenir ».

Les organisations signataires

  • ACLU (Union américaine pour les libertés civiles)
  • Electronic Frontier Foundation (EFF)
  • GLAAD
  • Mothers Against Media Addiction
  • Reproductive Equity Now
  • Women’s Bar Association of Massachusetts
  • Et 69 autres organisations

Un danger pour les libertés individuelles

Le collectif souligne que les problèmes posés par cette fonctionnalité « ne peuvent être résolus par des modifications de conception du produit, des mécanismes de désactivation ou des mesures de sécurité incrémentales ». En effet, les passants dans l'espace public n'ont aucun moyen de consentir à être identifiés par les lunettes. Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'administration Trump a militarisé les services d'immigration, utilisant des technologies de pointe pour traquer ses cibles.

« Les gens devraient pouvoir vaquer à leurs occupations quotidiennes sans craindre que des harceleurs, des escrocs, des abuseurs, des agents fédéraux et des militants de tous bords vérifient silencieusement et invisiblement leur identité et associent potentiellement leurs noms à des données sensibles. »

Extrait de la lettre ouverte à Mark Zuckerberg

Contexte : des lunettes déjà controversées

En parallèle, une enquête conjointe de deux journaux suédois a révélé le mois dernier que des sous-traitants au Kenya visionnaient des vidéos personnelles enregistrées par les utilisateurs des lunettes Ray-Ban AI de Meta. Ces dispositifs, capables de filmer des personnes dans l'espace public à leur insu, sont déjà surnommés « lunettes de pervers » par les internautes. Ces révélations ont alimenté la polémique autour de la gestion des données personnelles par Meta et de l'éthique de ses produits connectés.

Source : Futurism