La Nouvelle-Angleterre, région la plus densément peuplée des États-Unis, fait face à un paradoxe énergétique : bien que le gaz naturel soit produit à quelques centaines de kilomètres, dans le bassin de Marcellus en Pennsylvanie, elle dépend largement des importations coûteuses de gaz naturel liquéfié (GNL) acheminé par tankers. Cette situation s’explique par l’absence d’infrastructures de transport suffisantes pour acheminer le gaz local vers les États du Nord-Est.

Cette dépendance, exacerbée par les politiques de certains gouverneurs démocrates visant à bloquer les projets de gazoducs au nom de la lutte contre le changement climatique, pourrait bientôt prendre fin. Plusieurs initiatives récentes laissent entrevoir un revirement stratégique.

Des projets de gazoducs en progression

Le géant canadien Enbridge a annoncé son intention d’étendre la ligne Algonquin Gas Transmission, un projet qui avait été précédemment contesté. Selon des sources citées par E&E News, l’entreprise a informé l’administration Trump de ses plans, bien que les détails précis restent encore flous. Cette expansion pourrait permettre d’acheminer davantage de gaz naturel produit localement vers les États de New York et de Nouvelle-Angleterre.

Parallèlement, Williams Companies a déjà lancé la construction d’un gazoduc dans l’État de New York le mois dernier. Ces initiatives surviennent alors que les gouverneurs démocrates, autrefois opposés à de tels projets, semblent désormais plus ouverts à l’idée de renforcer l’infrastructure gazière.

Un contexte énergétique en mutation

Cette évolution intervient dans un contexte où les prix du gaz ont fortement augmenté depuis le début du conflit en Iran, il y a 73 jours. Selon les données de l’AAA, le prix moyen du gallon d’essence a atteint plus de 4,52 dollars le week-end dernier, soit une hausse de 50 % depuis le début des hostilités. Face à cette situation, des discussions sont en cours au niveau fédéral pour suspendre temporairement la taxe sur l’essence, une mesure déjà adoptée par certains États comme l’Indiana et le Kentucky.

Cependant, la suspension de la taxe fédérale sur l’essence, qui s’élève à plus de 18 cents par gallon, nécessiterait une législation du Congrès. Une telle mesure coûterait environ 500 millions de dollars par semaine au gouvernement fédéral. Plusieurs sénateurs, dont Josh Hawley (républicain du Missouri), ont déjà proposé des projets de loi en ce sens.

Une dépendance énergétique coûteuse

La Nouvelle-Angleterre illustre les défis auxquels sont confrontés les États-Unis en matière d’énergie. Malgré une production locale abondante, l’absence d’infrastructures adaptées force la région à importer du gaz à des coûts élevés. Les projets en cours pourraient non seulement réduire les coûts pour les consommateurs, mais aussi renforcer la sécurité énergétique de la région.

Alors que les gouverneurs démocrates semblent désormais prêts à reconsidérer leur opposition aux gazoducs, l’avenir énergétique de la Nouvelle-Angleterre pourrait connaître un tournant décisif dans les mois à venir.