Le milliardaire Paul Tudor Jones, fondateur du fonds Tudor Investment Corporation, a récemment salué les vertus du Bitcoin comme meilleur rempart contre l’inflation. Lors d’une intervention sur le podcast Invest Like The Best, il a déclaré :
« Le Bitcoin est, sans équivoque, le meilleur outil de protection contre l’inflation. Il existe une quantité limitée de Bitcoins qui peuvent être minés. »
Cette prise de position reflète l’évolution des mentalités parmi les investisseurs institutionnels, alors que le Bitcoin, autrefois considéré comme une niche spéculative, gagne en crédibilité. Jones, qui a bâti sa réputation en anticipant les tendances macroéconomiques, n’est pas le seul à voir dans la cryptomonnaie une alternative à l’or.
D’autres figures majeures de la finance, comme Larry Fink, PDG de BlackRock, ont également vanté les atouts du Bitcoin. Ce dernier l’a qualifié de « or numérique » et a recommandé aux institutions d’y allouer environ 5 % de leurs portefeuilles. Des analystes de JPMorgan, Morgan Stanley et Fidelity ont également reconnu son potentiel en tant qu’actif anti-inflation, bien que certains soulignent que son efficacité dépende du contexte économique.
Pour Jones, le Bitcoin surpasse l’or grâce à sa rareté programmée. Contrairement à l’or, dont l’offre augmente chaque année de quelques pourcents, le Bitcoin est limité à 21 millions d’unités. « L’or voit son offre augmenter chaque année d’environ 2 %, tandis que le Bitcoin, lui, a une quantité finie et décentralisée. Il possède donc la plus grande rareté de tous les actifs », a-t-il expliqué.
Un parcours marqué par les paris gagnants
À 71 ans, Jones a bâti sa fortune en pariant sur les tendances macroéconomiques. Dès 1980, à 26 ans, il fonde Tudor Investment Corporation, un fonds axé sur les devises, les taux d’intérêt, les matières premières et les indices boursiers. Le succès est immédiat : le fonds enregistre des rendements annuels supérieurs à 100 % pendant ses cinq premières années d’activité.
Son expertise en matière de couverture contre l’inflation l’a conduit à comparer le Bitcoin à l’or, traditionnellement perçu comme une valeur refuge. Pour lui, la cryptomonnaie offre des avantages structurels : une offre fixe, une décentralisation et une résistance théorique aux manipulations monétaires.
Les risques inhérents au Bitcoin
Malgré son enthousiasme, Jones n’ignore pas les défis auxquels le Bitcoin est confronté. Il met en garde contre les cyberattaques et les risques liés à la guerre électronique : « Si un conflit majeur éclate, tout ce qui repose sur le numérique, y compris le Bitcoin, sera vulnérable ».
Autre menace : l’émergence de l’informatique quantique. Une étude de McKinsey publiée en juin 2024 estime qu’un ordinateur quantique capable de menacer la sécurité du Bitcoin pourrait être développé dès l’année prochaine. « Avec les progrès fulgurants de l’IA, qui sait quand nous aurons des ordinateurs quantiques ? Quelqu’un pourrait alors pirater n’importe quelle banque ou infrastructure », s’inquiète Jones.
Ces risques rappellent que, malgré son potentiel, le Bitcoin reste un actif hautement spéculatif et vulnérable aux évolutions technologiques et géopolitiques.