Une décision controversée de la FDA en 2023
Il y a près de trois ans, la Food and Drug Administration (FDA) avait classé 19 peptides comme trop dangereux pour être distribués par les pharmacies de préparation magistrale. Ces dernières mélangent des composants de médicaments approuvés pour créer des traitements personnalisés, notamment pour les patients ayant des difficultés avec les produits standard.
RFK Jr. conteste l'interdiction et menace de la lever
Sous la direction de Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, la FDA pourrait revenir sur cette décision. Kennedy, qui se décrit comme un « grand fan » des peptides et en a lui-même utilisé, a qualifié l'interdiction de 2023 d'illégale.
« C’était illégal, car ils n’auraient pas dû le faire sans preuve de dangerosité. Ils n’avaient aucun signal de sécurité. Ils ne sont pas autorisés à évaluer l’efficacité, seulement la sécurité. »
Des anciens responsables de la FDA contestent ses affirmations
Trois anciens hauts responsables de la FDA, impliqués dans l’élaboration des critères d’évaluation des peptides, rejettent les propos de Kennedy. Selon eux, la décision de 2023 reposait sur des préoccupations de sécurité documentées.
La réglementation américaine exige que la FDA évalue à la fois la sécurité et l’efficacité d’une substance avant son approbation pour la préparation magistrale. Une levée de l’interdiction sans preuve scientifique solide pourrait, selon eux, donner une fausse impression de sécurité à des dizaines de médicaments non testés.
« Cela remettrait en cause l’accord social en place depuis 1962 : les médicaments doivent être étudiés pour prouver leur efficacité avant d’être commercialisés aux États-Unis. »
Une demande croissante malgré l'absence de preuves
Depuis 2023, peu de nouvelles études scientifiques ont été publiées sur ces 19 peptides. Pourtant, leur popularité a explosé, notamment grâce aux promesses des influenceurs sur les réseaux sociaux : corps sculptés, peau éclatante, cheveux luxuriants, guérison rapide des blessures, énergie juvénile et vie sexuelle améliorée.
Des publicités sur les plateformes Meta vante des bienfaits santé variés. Un marché gris s’est développé, avec des spas bien-être, des réseaux de marketing multiniveau et des sites de télémédecine proposant des fioles de peptides « de recherche », étiquetées « non destinées à un usage humain ».
« Plus de gens veulent les utiliser. C’est ce qui a changé. »
Des peptides approuvés existent, mais les nouveaux restent non testés
Certains peptides, comme l’insuline ou l’ocytocine, sont approuvés par la FDA depuis des décennies. D’autres, comme le sémaglutide ou le tirzépatide, utilisés pour la perte de poids, sont également disponibles. Cependant, les peptides non approuvés, souvent vendus sous forme de compléments ou de traitements personnalisés, n’ont pas subi les mêmes évaluations rigoureuses.
Les risques d'une levée de l'interdiction
- Absence de preuves scientifiques : Peu d’études cliniques soutiennent l’efficacité ou la sécurité des peptides concernés.
- Risque pour la santé publique : Une levée de l’interdiction pourrait exposer les patients à des substances non testées.
- Marché non régulé : Les peptides « de recherche » vendus en ligne échappent souvent aux contrôles de qualité.