Un plan ambitieux pour relancer l'industrie cinématographique californienne

Steve Hilton, candidat républicain à l'élection gouvernorale de Californie et soutenu par l'ancien président Donald Trump, a présenté jeudi un plan visant à ramener les productions cinématographiques et télévisuelles en Californie. Ce projet repose sur des incitations fiscales fédérales et étatiques sans précédent, avec pour objectif de concurrencer les programmes internationaux.

Des crédits d'impôt fédéraux et étatiques sans plafond

Hilton propose la création d'un crédit d'impôt fédéral inédit aux États-Unis, qui viendrait s'ajouter aux incitations déjà existantes au niveau des États. Contrairement au Section 181, un dispositif datant de l'ère Bush permettant une réduction fiscale sur les 15 premiers millions de dollars dépensés pour des tournages aux États-Unis, Hilton envisage un système national plus attractif.

Son plan inclut un crédit d'impôt pouvant atteindre 60% pour certaines productions, avec un plancher fixé à 40%. Actuellement, la Californie propose un crédit d'impôt plafonné à 45%, avec un taux moyen de 35%. Ce nouveau programme dépasserait largement les incitations actuelles, malgré un coût de la vie plus élevé que dans d'autres États concurrents.

Une approche inclusive pour soutenir l'ensemble de l'industrie

Contrairement à ses adversaires démocrates, Hilton souhaite appliquer ces incitations à l'ensemble des dépenses, y compris celles dites above-the-line (rémunérations des stars et réalisateurs) et below-the-line (techniciens, post-production). Cette approche, bien que controversée auprès des syndicats, vise à soutenir tous les acteurs de l'industrie, des travailleurs indépendants aux grandes productions.

Le candidat républicain a également annoncé son intention de réserver une partie du budget annuel aux productions indépendantes et aux films à budget moyen, afin de protéger les emplois locaux et les équipes techniques.

« Ces programmes ont été conçus pour protéger les travailleurs derrière la caméra et l'économie de la production qui les soutient. L'objectif est de maintenir les tournages et l'emploi en Californie, et non de subventionner uniquement les plus gros projets qui peuvent partir n'importe où. »

Une réponse à l'exode des productions vers l'étranger

La Californie a déjà renforcé son programme en 2025, en augmentant le plafond annuel de 330 millions à 750 millions de dollars et en élargissant les critères d'éligibilité pour inclure les séries en streaming, les dessins animés et les sitcoms. Depuis cette réforme, la California Film Commission a approuvé 147 projets, soit une hausse de 53% par rapport à l'année précédente.

Pourtant, Hilton estime que ces mesures ne suffisent pas à rivaliser avec les incitations offertes par des pays comme le Canada, l'Australie ou le Royaume-Uni. Les données révèlent un déclin préoccupant : en 2025, le nombre de jours de tournage dans le comté de Los Angeles a chuté de 16% par rapport à 2024, passant sous la barre des 20 000. Dans l'ensemble des catégories majeures, les tournages ont diminué d'au moins 30% par rapport à la moyenne quinquennale, illustrant l'ampleur de l'exode des productions et des emplois locaux.

Un financement compensé par des réductions budgétaires

Bien que ce plan représente un coût important pour les résidents californiens, Hilton affirme disposer d'une marge de manœuvre budgétaire grâce à des réductions de dépenses ailleurs. Son approche se distingue de celle de ses adversaires démocrates, comme Matt Mahan et Tom Steyer, qui soutiennent également la suppression des plafonds mais sans préciser de sources de financement alternatives.

Un enjeu économique et politique majeur

Avec ce projet, Hilton mise sur un levier économique clé pour la Californie, État historiquement leader dans l'industrie du divertissement. En attirant à nouveau les productions, il espère non seulement préserver des milliers d'emplois, mais aussi renforcer l'attractivité de l'État face à la concurrence internationale. Son alliance avec Donald Trump pourrait également jouer en sa faveur auprès d'un électorat conservateur soucieux de relocalisation industrielle.

Source : The Wrap