SAN FRANCISCO — Alors que la course à la gouvernance de Californie reste indécise après le retrait d'Eric Swalwell, le milliardaire et militant écologiste Tom Steyer émerge comme un acteur clé. Avec des dépenses publicitaires dépassant 115 millions de dollars, soit près de trente fois plus que son plus proche rival démocrate, Steyer mise sur une stratégie radicale pour capter l'attention.
Selon un récent sondage Emerson, Steyer caracole en tête avec 20 % des intentions de vote, talonné par Xavier Becerra (19 %), ancien secrétaire à la Santé et aux Services sociaux. Ce dernier bénéficie également d'un rebond après le retrait de Swalwell. Steyer a par ailleurs obtenu le soutien de la puissante California Teachers Association, qui soutenait auparavant Swalwell.
Cependant, l'absence de favori clair dans cette primaire démocrate ouvre la porte à une surprise : deux républicains pourraient se qualifier pour le second tour, selon le système de primaire « jungle » en vigueur en Californie.
Steyer, conscient des risques, a affiné son discours pour séduire un électorat progressiste. Malgré un sondage du Washington Post révélant que 75 % des électeurs démocrates et 60 % des indépendants jugent négativement le financement des campagnes par les milliardaires, Steyer mise sur une position anti-ICE radicale. Il propose non seulement d'abolir l'agence, mais aussi d'incarcérer ses agents ayant enfreint la loi. Dans un billet de blog publié la semaine dernière, il qualifie ICE de « groupe extrémiste violent ».
« Nous avons besoin de services d'immigration, absolument, mais pas d'une organisation criminelle masquée, armée et pratiquant la discrimination raciale », a-t-il déclaré lors d'un entretien exclusif. Jean Guerrero, chroniqueuse au New York Times et modératrice lors d'un débat récent, a salué son approche : « Steyer s'est imposé comme le défenseur le plus audacieux des immigrants sur scène. »
Cette stratégie a attiré l'attention de Donald Trump, qui a critiqué sur Fox News la couverture médiatique de Steyer, craignant qu'elle ne le propulse en position de force. Elon Musk, de son côté, a partagé sur Twitter un extrait du billet de blog de Steyer avec un simple « Wow », soulignant l'ampleur de ses propositions.
Le plan de Steyer va bien au-delà de l'abolition d'ICE. Il prévoit également :
- L'interdiction du profilage racial par toutes les forces de l'ordre ;
- La création d'une unité d'enquête pour surveiller les activités d'ICE en Californie ;
- Le contrôle strict des conditions dans les centres de détention de l'agence.
Une approche ambitieuse, mais qui divise. Alors que certains y voient une réponse nécessaire à une politique migratoire controversée, d'autres dénoncent une stratégie populiste visant à capitaliser sur les tensions sociales.