Alors que le conflit en Iran entre dans sa neuvième semaine, après avoir été présenté comme une opération de courte durée, l’essentiel des analyses se concentre sur les enjeux tactiques immédiats : qui contrôle le détroit d’Ormuz, quand un cessez-le-feu pourrait être signé, ou encore les prochaines manœuvres de Donald Trump. Ces questions, bien que cruciales, occultent une réalité plus profonde : l’escalade actuelle est le résultat direct des décisions prises par l’actuel locataire de la Maison-Blanche.

En 2018, Trump a retiré les États-Unis de l’accord nucléaire iranien, négocié sous l’administration Obama et ratifié par cinq autres puissances mondiales. Cet accord, bien que imparfait, limitait l’enrichissement d’uranium à 3,67 % — un niveau bien en deçà de celui nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire — jusqu’en 2030. La plupart de ses dispositions devaient expirer en 2025, mais il fonctionnait. L’Iran respectait ses engagements, et l’accord offrait une base pour des négociations futures.

Trump, lui, a préféré tout brûler. Le texte de l’accord, sans ses annexes, tenait en 18 pages. La probabilité qu’il l’ait lu ? Quasi nulle. Le simple fait qu’Obama en ait été l’architecte suffisait à le discréditer. En mai 2018, il a donc retiré les États-Unis de l’accord, imposant des sanctions dites de « pression maximale ». Résultat : l’Iran a rapidement repris son enrichissement d’uranium, dépassant en 2020 les niveaux d’avant l’accord.

Les autres signataires ont tenté de sauver l’accord, mais sans les États-Unis, leur effort était voué à l’échec. Aujourd’hui, le conflit s’enlise, et les conséquences humanitaires et géopolitiques s’alourdissent. Trump a non seulement créé les conditions d’une guerre, mais il a aussi justifié son déclenchement en brandissant le chaos qu’il avait lui-même engendré.

Cette stratégie rappelle celle d’un maire héritant d’une trêve fragile entre deux communautés en tension. Au lieu de la préserver, il l’a dénoncée comme faible et frauduleuse. Les tensions ont resurgi, et le maire a envoyé des forces armées pour désarmer la minorité, tout en menaçant de détruire leur culture et en se comparant à Jésus. Pendant ce temps, le chef militaire invoquait Dieu pour légitimer ses actions. Une métaphore glaçante de la réalité actuelle.

L’histoire jugera sévèrement cette escalade, mais les faits sont là : Trump a transformé un fragile équilibre en une crise aux ramifications imprévisibles. Et le monde en paie le prix.