Washington — Le président américain Donald Trump a fait machine arrière sur sa menace d'augmenter les tarifs douaniers sur les voitures importées d'Europe. Initialement prévu pour cette semaine, le relèvement de 15 % à 25 % a été suspendu. L'Union européenne dispose désormais jusqu'au 4 juillet pour finaliser un accord commercial avec les États-Unis.
Cette décision intervient après une semaine de tensions commerciales. Vendredi dernier, Trump avait annoncé sur les réseaux sociaux son intention d'augmenter les droits de douane sur les véhicules européens, invoquant un manque de respect des engagements commerciaux par Bruxelles. « L'Union européenne ne respecte pas l'accord commercial que nous avons conclu », avait-il déclaré.
Mais dans un revirement spectaculaire, le président américain a finalement annoncé avoir eu un « excellent échange » avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Il a accepté de reporter l'application des tarifs jusqu'à la date butoir du 4 juillet. En cas de non-respect de cet ultimatum, Trump a prévenu que les droits de douane pourraient « immédiatement augmenter à des niveaux bien plus élevés ». Il n'a cependant pas précisé quels produits seraient concernés ni à quel niveau exact les tarifs pourraient être relevés.
De son côté, Ursula von der Leyen s'est dite optimiste quant aux progrès réalisés. « Des avancées significatives sont en cours pour réduire les tarifs d'ici début juillet », a-t-elle affirmé. Elle a réaffirmé l'engagement des deux parties à finaliser l'accord commercial.
Un nouveau revers pour les tarifs de Trump
Cette volte-face s'inscrit dans un contexte où les mesures protectionnistes de l'administration Trump subissent de nombreux revers juridiques. La Cour du commerce international des États-Unis a récemment invalidé une nouvelle taxe de 10 % appliquée à l'ensemble des importations, la jugeant illégale. Selon les juges, l'article 122 de la loi sur le commerce de 1974 ne permet pas au président d'imposer des tarifs dans les conditions économiques actuelles. « Cet article est un outil limité et temporaire, conçu pour répondre à des crises spécifiques de balance des paiements, et non pour autoriser des restrictions commerciales mondiales », a précisé la cour.
Cette décision fait suite à un arrêt de la Cour suprême qui avait déjà bloqué des tarifs imposés en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationale. Face à ce revers, l'administration Trump avait tenté de contourner l'obstacle en utilisant l'article 122, ce qui a conduit à un nouveau recours en justice. La Cour a finalement bloqué l'application de ces tarifs pour les entreprises plaignantes, mais n'a pas étendu cette mesure à l'ensemble des importateurs américains.