Un juge fédéral nommé par l’administration Trump a choisi de quitter ses fonctions plus tôt que prévu. Alan Albright, nommé en 2018 par Donald Trump, a annoncé sa démission surprise pour le mois d’août 2024. Selon des informations rapportées par Bloomberg Law, le magistrat texan aurait montré des signes évidents de lassitude professionnelle dans les jours précédant son départ.

Son départ laisse derrière lui l’un des plus lourds retards judiciaires de l’histoire du système fédéral américain. En septembre 2023, 70 % des 129 affaires civiles en attente depuis plus de trois ans dans le district ouest du Texas étaient sous sa responsabilité. Pire encore, il cumulait 446 motions non résolues, soit près du double de la moyenne des autres juges du cinquième circuit. Ses collègues à Austin, Robert Pitman et David Ezra, n’en avaient aucune en suspens.

Âgé de 66 ans, Albright était également responsable de 63 % des 706 motions civiles en attente depuis plus de six mois. Et ce fardeau ne devrait pas s’alléger d’ici son départ. Au contraire, une partie de ce retard sera transférée à son successeur et à son équipe, compliquant la tâche de son remplaçant.

« Il a un dossier colossal, et les autres juges vont devoir le gérer, car le volume ne diminuera pas significativement d’ici août, malgré tous ses efforts. »
Lee Yeakel, ancien juge du district ouest du Texas

Depuis le début de son mandat, Donald Trump a nommé 271 juges fédéraux. Cependant, ses récents choix, notamment le renvoi et le remplacement de plus de 100 juges spécialisés en immigration depuis son retour à la Maison-Blanche, soulèvent des questions sur l’indépendance de la justice.

Pour combler ces postes vacants, le département de la Justice a lancé une campagne de recrutement massive. Parmi les 140 nouveaux juges nommés, certains n’ont aucune expérience en droit de l’immigration. C’est le cas d’un avocat spécialisé en divorce, qui se présente comme un défenseur des « droits des hommes » et considère les femmes comme des « trous chauds et humides ». D’autres profils incluent un avocat du Minnesota ayant soutenu les raids de l’ICE à Minneapolis, ayant entraîné la mort de deux citoyens américains, ou encore un juge ayant refusé une protection humanitaire à un immigrant serbe sous prétexte qu’il ne semblait « pas ouvertement gay ».