Un juge fédéral a infligé un revers sévère à Sam Bankman-Fried en rejetant sa demande de nouveau procès dans l’affaire FTX. En février, l’ancien patron de l’échange de cryptomonnaies en faillite avait affirmé avoir découvert de nouvelles preuves prouvant qu’il n’avait jamais eu l’intention de frauder ses clients. Mardi, le juge Lewis Kaplan a qualifié ces allégations de « sans fondement » et a refusé d’accéder à sa requête.
Cette décision marque un nouveau coup dur pour Bankman-Fried, qui tente désespérément d’annuler sa condamnation de 2023 pour plusieurs chefs de fraude et d’échapper à une peine de 25 ans de prison. Outre sa demande de nouveau procès, il a fait appel de sa condamnation et multiplie les démarches pour obtenir une grâce présidentielle. Selon les informations disponibles, le président Donald Trump ne prévoit pas de lui accorder cette clémence. Une décision concernant son appel devrait être rendue dans les prochaines semaines.
Délais manqués et stratégies judiciaires
Le mois dernier, Bankman-Fried a manqué deux échéances fixées par le tribunal. La première concernait sa réponse à une lettre de près de 50 pages des procureurs s’opposant à sa demande de nouveau procès. La seconde portait sur une déclaration confirmant qu’il se représentait seul, une exigence du juge après que les procureurs eurent signalé des indices d’une assistance extérieure.
Dans une lettre adressée au juge Kaplan le 22 avril – soit une semaine après l’expiration des deux délais –, Bankman-Fried a affirmé être « l’auteur ultime » de sa demande de nouveau procès. Il a également sollicité l’autorisation de retirer cette requête « sans préjudice », une manœuvre lui permettant de la reformuler ultérieurement.
« Je ne crois pas obtenir un procès équitable sur ce sujet devant vous », a-t-il écrit au magistrat. Kaplan, qui avait présidé son procès en 2023, est régulièrement critiqué par Bankman-Fried pour son prétendu manque d’impartialité. Ces reproches remontent à septembre 2024, lorsque l’accusé a fait appel de sa condamnation et demandé qu’un éventuel nouveau procès soit confié à un autre juge. Cette demande a été examinée par un panel de trois juges en novembre dernier.
« Le procès de Sam Bankman-Fried était fondamentalement inique, car le jury n’a entendu qu’un seul côté de l’histoire : celui des procureurs. »
— Alexandra Shapiro, avocate de Bankman-Fried
Selon elle, les procureurs auraient affirmé à tort que des milliards de dollars avaient été perdus à jamais, une allégation qualifiée de « fausse » par sa défense.
Dans sa lettre du 22 avril, Bankman-Fried a indiqué qu’il pourrait déposer une nouvelle demande de procès après que les juges d’appel auront rendu leur décision, toujours en attente.
Un rejet cinglant du juge Kaplan
Le juge Kaplan n’a pas laissé de place à l’ambiguïté dans son ordonnance rendue mardi. Non seulement il a rejeté la demande de nouveau procès de Bankman-Fried, mais il l’a fait « avec prejudice », ce qui interdit à l’accusé de reformuler une requête similaire à l’avenir.
« Si Bankman-Fried estimait que le tribunal était partial, il n’aurait jamais dû déposer cette demande », a écrit le juge. Par ailleurs, Kaplan a balayé d’un revers de main les prétendus « nouveaux éléments de preuve » avancés par l’accusé.
« La motion de Bankman-Fried repose sur trois témoins censés avoir été “nouvellement découverts”, dont les témoignages, selon lui, justifieraient un nouveau procès », a-t-il souligné. « C’est absurde. Aucun de ces témoins n’est “nouveau” : Bankman-Fried les connaissait tous avant le procès. »