Une publicité récente dans le métro new-yorkais, signée par l'entreprise Artisan spécialisée dans l'IA, fait grand bruit. Elle met en scène deux employés : Steve, qui annonce son absence par un message laconique, et Ava, une agente commerciale automatisée, qui revendique avoir planifié 12 réunions et analysé 1 269 prospects. Le slogan ne laisse aucun doute : « Licenciez Steve. Embauchez Ava ».
Sur les réseaux sociaux, la réaction est immédiate et majoritairement négative. Un utilisateur résume l'opinion générale :
« Quiconque a déjà embauché sait que c'est le signe d'engager Steve, pas Ava. »
Les critiques fusent : Ava, bien que productive en apparence, serait incapable de fournir un travail de qualité. Plusieurs internautes soulignent que l'IA, en automatisant des tâches, risque de générer des données erronées. « Ava a probablement planifié 12 réunions hallucinées et ment sur ses recherches », ironise un utilisateur. D'autres s'interrogent sur la pertinence des résultats : « Qui sait si ses recherches sont fiables ? Qui s'en soucie ? L'important, c'est le nombre ! »
Une stratégie marketing délibérément provocatrice
Malgré les réactions hostiles, Artisan assume sa démarche. Dans un billet de blog, le PDG et cofondateur Jaspar Carmichael-Jack explique que ces publicités sont conçues pour être « inconfortables ». Selon lui, le message sous-jacent est clair : « Arrêtez d'embaucher des humains pour des tâches que l'IA peut accomplir mieux et à moindre coût. »
La campagne s'inscrit dans une série de publicités chocs affichées à New York et San Francisco, comme « Votre prochain recrutement ne sera pas humain » ou « Arrêtez d'embaucher des humains ». Ces slogans, volontairement polémiques, visent à capter l'attention, même si elle est négative.
L'IA divise : entre opportunité et rejet
Les réactions reflètent une méfiance croissante envers l'IA. Selon un sondage Gallup d'avril 2025, 31 % de la génération Z déclare ressentir de la colère envers l'IA, contre seulement 22 % qui s'en disent enthousiastes. Une baisse de 14 points par rapport à l'année précédente. Certains professionnels du secteur s'étonnent de cette hostilité, mais pour les détracteurs, Artisan semble « chercher activement la polémique ».
Si la stratégie génère des débats, elle soulève aussi une question cruciale : dans un contexte de chômage technologique croissant, une telle approche est-elle viable à long terme ?