Une équipe de chercheurs de l’Université du Michigan a identifié un nouveau type de cellule hépatique qui pourrait jouer un rôle clé dans la lutte contre la stéatose hépatique métabolique associée à une dysfonction métabolique (MASH). Leurs travaux, publiés dans le Journal of Clinical Investigation, révèlent un mécanisme de protection inédit contre cette maladie sévère, qui peut évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie.
Un nouveau type de cellule hépatique identifié
Le foie est composé de plus d’une douzaine de types cellulaires différents, dont les hépatocytes (cellules hépatiques principales) et d’autres cellules comme les cellules stromales ou immunitaires. L’équipe du Dr Jiandie Lin, professeur de biologie cellulaire et développementale, étudie les interactions entre ces cellules pour comprendre comment elles maintiennent un environnement hépatique sain et comment ces communications sont perturbées en cas de maladie.
En analysant les signatures d’expression génique des hépatocytes dans des échantillons de foie sains et atteints de MASH, les chercheurs ont découvert un nouveau groupe de cellules aux caractéristiques uniques. « Traditionnellement, les hépatocytes sont classés en trois zones selon leur localisation et leur fonction spécialisée », explique le Dr Lin. « Mais en étudiant les données, nous avons identifié un quatrième groupe de cellules, présent uniquement dans les foies atteints de MASH. »
Un mécanisme de protection contre le stress métabolique
Ces cellules nouvellement découvertes présentent des signes de sénescence cellulaire, un état où la cellule cesse de se diviser mais ne meurt pas. Contrairement aux autres hépatocytes, elles expriment un gène inhabituel : Themis, normalement actif dans les lymphocytes T mais absent dans les hépatocytes sains. « Dans les foies de souris et humains atteints de MASH, l’expression de Themis est fortement augmentée, au point de figurer parmi les gènes les plus activés », précise le Dr Lin.
Pour comprendre le rôle de THEMIS, les chercheurs ont comparé des souris saines à des souris génétiquement modifiées pour ne plus exprimer Themis dans leurs hépatocytes. Résultat : les foies dépourvus de THEMIS présentaient des signes accrus de lésion hépatique, de sénescence, d’inflammation et de fibrose. À l’inverse, une augmentation de THEMIS dans les hépatocytes a permis de réduire la sénescence et de protéger le foie contre les lésions et la MASH.
« C’est une découverte passionnante, car peu d’études ont identifié cette population cellulaire, et son rôle dans la maladie restait méconnu », souligne Xiaoxue Qiu, autrice principale de l’étude et désormais à la tête de son propre laboratoire.
Vers de nouvelles pistes thérapeutiques
Ces résultats suggèrent que THEMIS pourrait être une cible prometteuse pour le développement de traitements contre la MASH. « Si nous parvenons à activer ce mécanisme de protection dans les hépatocytes, nous pourrions limiter la progression de la maladie », explique le Dr Lin. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les millions de personnes touchées par cette maladie hépatique grave.