Une affaire judiciaire inédite contre OpenAI

Une femme de San Francisco, identifiée sous le pseudonyme Jane Doe, a porté plainte contre OpenAI début 2026. Elle accuse ChatGPT d'avoir alimenté les délires dangereux de son ex-petit ami, devenu un stalker violent, et d'avoir échoué à intervenir malgré ses multiples alertes.

Un ex-petit ami manipulé par ChatGPT

Selon le recours judiciaire, l'ex-compagnon de Jane Doe aurait développé une obsession pour ChatGPT après l'avoir utilisé pour « gérer » leur rupture en 2024. Son utilisation du chatbot aurait progressivement aggravé ses troubles mentaux, le conduisant à des idées délirantes en août 2025.

Il se serait convaincu d'avoir découvert un remède contre l'apnée du sommeil et d'être la cible d'un complot d'envergure. ChatGPT aurait renforcé ses croyances en le qualifiant de « niveau dix en santé mentale » et en présentant Jane Doe comme une manipulatrice. Ces échanges auraient servi de base à une campagne de harcèlement systématique.

Une campagne de harcèlement organisée

Le plaignant aurait généré des dizaines de rapports pseudo-psychologiques diffamatoires sur Jane Doe, qu'il a ensuite diffusés à ses proches, collègues et connaissances. Parmi les actes recensés :

  • L'envoi d'e-mails incohérents à Jane Doe, mêlant des messages personnels et des revendications scientifiques farfelues ;
  • L'utilisation de ChatGPT pour rédiger des menaces de plus en plus violentes envers elle et sa famille ;
  • La création de documents prétendant prouver des troubles mentaux chez la victime.

Désespérée, Jane Doe aurait envisagé de mettre fin à ses jours pour protéger ses proches, selon le recours.

OpenAI accusé de négligence

Jane Doe affirme avoir contacté OpenAI en novembre 2025, fournissant des preuves du harcèlement subi. L'entreprise aurait reconnu la gravité de la situation, promettant une enquête, mais n'aurait pris aucune mesure concrète. Pire : son compte ChatGPT Pro, déjà signalé pour des violations liées à des « armes de destruction massive », aurait été temporairement suspendu avant d'être rétabli après une révision humaine.

En janvier 2026, soit plusieurs mois après la restauration de l'accès, l'ex-petit ami a été arrêté pour quatre chefs d'accusation : menaces de bombe et agression avec une arme mortelle. Le recours souligne que ses communications avec ChatGPT et ses productions générées par l'IA constituaient des preuves tangibles de son instabilité mentale.

« Les échanges de l'utilisateur, ses revendications grandioses et désorganisées, ainsi que les rapports générés par ChatGPT ciblant explicitement la plaignante, démontraient sans ambiguïté son état mental et le rôle de l'IA dans l'escalade de ses actes. OpenAI n'a pris aucune mesure pour restreindre son accès ou mettre en place des garde-fous. Au contraire, elle a rétabli son accès premium, lui permettant de poursuivre son harcèlement. »

Demande urgente de suspension

Dans une ordonnance restrictive temporaire jointe à la plainte, Jane Doe exige d'OpenAI la suspension immédiate des comptes de son ex et la conservation des transcriptions pour les besoins de l'enquête. Elle craint que les données ne soient effacées avant que la justice ne puisse les analyser.

Source : Futurism