Une équipe tactique du FBI s’apprête à pénétrer dans une maison liée à l’auteur présumé de la tentative d’assassinat lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche à Torrance, en Californie. | Patrick T. Fallon/AFP via Getty Images
Donald Trump a désormais survécu à trois tentatives d’assassinat en l’espace de quelques mois. La dernière en date s’est produite lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, où un homme armé d’un fusil à pompe, d’un pistolet et de plusieurs couteaux a tenté de s’infiltrer dans un point de sécurité pour cibler des membres de l’administration Trump. Ces événements, bien que spectaculaires, ne sont que la partie émergée d’une tendance plus large : la violence politique aux États-Unis est en forte hausse.
Une escalade confirmée par les données
Les chiffres, bien que difficiles à compiler en raison de définitions variables et de méthodes de collecte disparates, convergent vers une même conclusion. Plusieurs sources indépendantes, dont des institutions universitaires et des agences gouvernementales, enregistrent une augmentation significative des actes de violence politique.
Les menaces contre les membres du Congrès, suivies par la police du Capitole américain depuis neuf ans, ont connu une progression marquée. Une étude de l’Université de Princeton, dans le cadre de son initiative Bridging Divides, révèle également une hausse des menaces locales après des événements politiques majeurs, comme l’élection présidentielle de 2024 ou la mort de Charlie Kirk.
Les données de la Global Terrorism Database de l’Université du Maryland, couvrant la période 1970-2020, montrent quant à elles une remontée des assassinats et tentatives d’assassinat depuis le milieu des années 2010, après un déclin observé dans les années 1990. Enfin, une récente analyse du Center for Strategic and International Studies, relayée par le Wall Street Journal, indique que la violence antigouvernementale aux États-Unis a atteint en 2025 son plus haut niveau en plus de 30 ans.
Des causes multiples et complexes
Si certains responsables politiques, comme la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt, pointent du doigt la rhétorique violente de certains élus et médias, la réalité est bien plus nuancée. Bien que les discours incitant à la haine puissent contribuer à normaliser la violence, le phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de polarisation sociale et de méfiance envers les institutions.
Les chercheurs soulignent également les limites des données disponibles. La définition même de la violence politique varie selon les sources, et les méthodes de collecte, souvent basées sur des rapports médiatiques, sont sujettes à caution dans un paysage médiatique en déclin. Les échantillons, parfois réduits, rendent également difficile l’établissement de tendances claires.
Quelques exemples récents
- Un militant conservateur, Charlie Kirk, a été victime d’une tentative d’assassinat.
- Une élue démocrate du Minnesota et son mari ont été assassinés, tandis que d’autres personnes ont été blessées lors d’une attaque.
- La résidence du gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a été incendiée.
- Donald Trump a survécu à trois tentatives d’assassinat en moins d’un an.
Une tendance qui dépasse les clivages politiques
Contrairement à une idée reçue, la violence politique ne touche pas uniquement un camp. Les statistiques montrent que les menaces et les actes violents proviennent des deux côtés de l’échiquier politique, même si leur nature et leur fréquence peuvent varier. Les chercheurs appellent à une approche plus nuancée pour comprendre ce phénomène et y apporter des solutions durables.
« La violence politique est un symptôme d’une société profondément divisée. Les discours de haine ne suffisent pas à l’expliquer, mais ils en sont un accélérateur. »
— Expert en sécurité nationale
Que faire face à cette montée des tensions ?
Les spécialistes s’accordent sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de dialogue. Cela passe par une meilleure régulation des discours violents, mais aussi par des efforts pour restaurer la confiance dans les institutions et réduire les inégalités sociales, souvent à l’origine des frustrations.
En attendant, les autorités américaines restent en alerte maximale, conscientes que la prochaine attaque pourrait survenir à tout moment.