Une accusation basée sur une erreur d'identité

Une famille iranienne en exil aux États-Unis a vu sa vie détruite après une accusation erronée. Le 4 avril, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé la révocation des cartes vertes de Hamideh Soleimani Afshar et de sa fille, Sarinasadat Hosseiny, présentées comme la nièce et l'arrière-nièce du général iranien Qasem Soleimani, tué en 2020.

Selon les documents obtenus par Drop Site, cette accusation est totalement infondée. Hamideh Soleimani Afshar n'a aucun lien de parenté avec le général Soleimani. Son père était enfant unique, et ses parents sont décédés avant la naissance du général, dans une région différente de l'Iran. Pire encore : Hamideh Soleimani Afshar a été emprisonnée pour avoir protesté contre le régime iranien avant de fuir le pays avec sa fille.

Une campagne de désinformation aux conséquences dramatiques

L'affaire a été déclenchée par des publications de la militante conservatrice Laura Loomer, qui a affirmé sur les réseaux sociaux avoir identifié la « nièce de Qasem Soleimani » vivant à Los Angeles. Elle a ensuite revendiqué avoir signalé cette famille au département d'État américain, fournissant des « preuves » jugées douteuses : des captures d'écran de publications Instagram, dont une fausse nouvelle sur des soldats américains capturés en Iran et une vidéo sur la carrière du général Soleimani.

Interrogée par Drop Site, Laura Loomer a maintenu sa position, déclarant :

« Je veux que tous les immigrants islamiques soient expulsés. »

Une détention aux conséquences médicales et humanitaires

Hamideh Soleimani Afshar souffre d'un trouble sanguin rare, et sa fille est détenue par les services d'immigration américains (ICE) dans des conditions décrites comme « inhumaines ». Shawna Ruhland, amie de la famille et vétéran de l'armée américaine, a lancé une cagnotte en ligne pour les soutenir. Elle décrit la situation comme suit :

« Sa fille est littéralement piégée en détention, à regarder sa mère mourir. »

Un précédent inquiétant dans la politique américaine

Cette affaire s'inscrit dans une série de mesures controversées de l'administration américaine envers les Iraniens en exil. Avant même le conflit avec l'Iran, l'ICE a déporté des Iraniens, y compris des chrétiens convertis et des personnes ouvertement homosexuelles, sous prétexte de lutter contre des « terroristes ou agents étrangers ». En janvier 2026, 14 personnes ont été directement renvoyées en Iran après une répression violente contre des manifestants, malgré les risques encourus.

Parmi les rares cas avérés de proches de hauts responsables iraniens aux États-Unis figure Fatemeh Ardeshir-Larijani, fille de l'ancien secrétaire du Conseil national de sécurité iranien Ali Larijani, professeure à l'université Emory. D'autres noms, comme Seyed Eissa Hashemi, ont également été mentionnés, mais sans lien avec l'affaire actuelle.

Un système basé sur des informations non vérifiées

Le département d'État a refusé de commenter, invoquant des « questions de sécurité nationale ». Pourtant, les documents obtenus par Drop Site confirment l'absence totale de lien entre la famille Soleimani Afshar et le général Soleimani. Cette affaire soulève des questions sur la fiabilité des informations utilisées pour justifier des décisions administratives aussi lourdes de conséquences.

Les avocats de la famille ont dénoncé une instrumentalisation politique de l'immigration, tandis que des associations de défense des droits humains appellent à une révision urgente de cette décision.

Source : Reason