Un marché chinois en ralentissement brutal
Le marché chinois des véhicules électriques (VE) traverse une période difficile. Au premier trimestre 2024, les immatriculations de VE ont chuté de près de 20 %, passant sous la barre des 1,2 million d’unités. Cette baisse s’explique principalement par l’expiration des subventions gouvernementales, qui couvraient jusqu’à un tiers du prix d’achat dans le segment d’entrée de gamme.
BYD et Geely misent sur l’export
Le constructeur BYD, leader chinois, subit de plein fouet cette crise. Ses ventes locales ont reculé de près de 40 %. Pour compenser, l’entreprise a massivement augmenté ses exportations, expédiant plus de 300 000 véhicules au premier trimestre, soit 100 000 de plus qu’en 2023. Malgré ces efforts, les pertes sur le marché domestique restent bien supérieures aux gains à l’export.
Geely, autre géant chinois, a presque doublé ses exportations, atteignant 147 300 unités. Pourtant, cette stratégie ne suffit pas à combler le vide laissé par le retrait des subventions.
Les constructeurs allemands en grande difficulté
Les cinq grands constructeurs allemands (Volkswagen, Audi, BMW, Mercedes-Benz et Porsche) ne représentent plus que 1,6 % des immatriculations de VE en Chine, un niveau historiquement bas. Entre janvier et mars, seulement 19 200 de leurs véhicules ont été enregistrés, soit une chute de 55 % sur un an.
Les chiffres sont particulièrement alarmants pour Volkswagen, dont les ventes de VE ont plongé de plus de 72 %. BMW suit avec une baisse de près de 65 %, tandis que Mercedes-Benz enregistre un recul de 14 %.
Des partenariats locaux pour tenter de se relancer
Face à cette situation, les constructeurs allemands multiplient les alliances avec des partenaires chinois pour réduire leurs coûts et adapter leurs stratégies. Voici les principales initiatives :
- Audi a lancé la marque AUDI en partenariat avec SAIC, réservée au marché chinois. Un troisième modèle 100 % électrique est déjà en préparation.
- Volkswagen collabore avec Xpeng et a présenté les modèles ID. Aura T6 et ID. Unyx 09 lors du Salon de l’Auto de Pékin. Ces véhicules, conçus localement, permettent une réduction des coûts d’au moins 40 %.
- Mercedes-Benz commercialisera ses modèles GLC EQ et la nouvelle C-Class électrique en Chine, mais en production locale via un partenaire.
- BMW mise sur ses modèles iX3 et i3, adaptés au marché chinois avec un empattement allongé, sans partenariat local.
Un avenir incertain pour les constructeurs étrangers
Les analystes restent pessimistes quant à une reprise rapide. Certains estiment que la demande ne retrouvera pas son niveau d’avant la fin des subventions. Les constructeurs étrangers, en particulier, peinent à rivaliser avec les marques locales, qui bénéficient d’un soutien gouvernemental et d’une production optimisée.
« La fin des subventions a révélé la fragilité du marché chinois des VE. Les constructeurs étrangers, qui misaient sur une croissance continue, se retrouvent aujourd’hui en position de faiblesse face à une concurrence locale de plus en plus agressive. »
Capacité de production sous-utilisée
La baisse des ventes menace également de laisser des capacités de production inutilisées. BYD, par exemple, avait fortement investi dans ses usines en anticipant une demande toujours croissante. Aujourd’hui, ces installations risquent de tourner au ralenti, ce qui pourrait peser sur les résultats financiers du groupe.