La récente fuite de mémorandums internes de la Cour suprême américaine au New York Times constitue une violation grave des obligations de confidentialité de la Cour. Cependant, cette affaire pourrait également impliquer des manquements aux règles déontologiques par l’un des coauteurs de l’article, Adam Liptak, avocat inscrit au barreau de New York.
Violation des règles déontologiques : deux théories possibles
Deux hypothèses pourraient expliquer une éventuelle infraction de la part de Liptak. Selon la première, il pourrait avoir enfreint la règle 8.4(f) du Rules of Professional Conduct de New York, qui interdit à un avocat d’assister sciemment un juge ou un officier judiciaire dans une violation des règles de conduite applicables.
Si un employé de la Cour suprême a transmis les mémorandums au Times dans l’intention de les rendre publics, et si Liptak a contribué à cette diffusion, il pourrait être en infraction. Bien que le Code of Conduct for Judicial Employees de la Conférence judiciaire ne s’applique pas explicitement aux employés de la Cour suprême, cette institution applique des règles similaires.
Selon la seconde hypothèse, si l’un des juges de la Cour suprême lui-même a transmis les documents, Liptak pourrait avoir enfreint la même règle, celle-ci s’étendant aux violations commises par un juge. Le Code of Conduct for Justices impose aux magistrats de respecter la loi et de préserver la confiance du public dans l’intégrité de la justice. La divulgation d’informations non publiques, comme les mémorandums internes, serait clairement contraire à cette obligation.
Complicité par assistance ou incitation
Même sans participation directe à l’obtention des mémorandums, Liptak pourrait être accusé d’avoir facilité leur diffusion, en violation des règles déontologiques. La distinction est claire : commenter des documents déjà publics, comme l’ont fait certains juristes, diffère radicalement de participer activement à leur publication.
Un avocat qui coécrit un ouvrage avec un ancien greffier de la Cour suprême, comme Edward Lazarus, ne pourrait prétendre ignorer l’importance de la confidentialité des informations non publiques. Cette affaire soulève donc des questions cruciales sur l’éthique professionnelle dans le journalisme juridique.
« La frontière entre commentaire et complicité est mince, mais elle est essentielle pour préserver l’intégrité des institutions judiciaires. »