Le 15 mai 2000, la Cour suprême des États-Unis a rendu son arrêt dans l’affaire États-Unis c. Morrison, un jugement marquant de l’histoire judiciaire américaine. Cette décision, rendue à une majorité de 5 contre 4, a invalidé une disposition clé de la Violence Against Women Act (VAWA), une loi fédérale adoptée en 1994 pour lutter contre les violences sexistes.
Dans cette affaire, Christy Brzonkala, une étudiante de l’Université Virginia Tech, avait accusé deux joueurs de football américain de l’avoir violée. Elle avait poursuivi ses agresseurs devant les tribunaux fédéraux en invoquant la section 13981 de la VAWA, qui permettait aux victimes de violences sexistes de poursuivre leurs auteurs devant des juridictions fédérales. Cependant, la Cour suprême a estimé que cette disposition excédait les pouvoirs du Congrès en vertu de la clause de commerce de la Constitution américaine, qui limite l’autorité fédérale à réguler les activités économiques interétatiques.
La décision a été critiquée par les défenseurs des droits des femmes, qui y voyaient un recul dans la protection des victimes de violences. À l’inverse, ses partisans ont salué un renforcement des principes constitutionnels, rappelant que le Congrès ne pouvait légiférer que dans les limites de ses pouvoirs explicites. Cette affaire a également soulevé des questions sur l’équilibre des pouvoirs entre les États et le gouvernement fédéral.
L’arrêt Morrison a eu des conséquences durables sur la jurisprudence américaine, influençant des décisions ultérieures relatives à la portée des pouvoirs fédéraux. Il reste un cas d’étude dans les facultés de droit pour illustrer les limites constitutionnelles de l’action législative.