Lors de son passage au Festival de Cannes 2024, Guillermo del Toro a vivement critiqué l’idée selon laquelle l’art pourrait se réduire à une simple « application ». Le réalisateur mexicain, en projection de la restauration 4K de son film *Pan’s Labyrinth* (2006), a qualifié cette vision de « dangereuse » pour la création artistique.
« Nous vivons une époque où l’on nous dit que tout est inutile de résister, que l’art peut se faire avec une putain d’application », a-t-il déclaré lors d’une conférence après la projection. « Pourtant, comme Ofelia dans *Pan’s Labyrinth*, si nous pouvons laisser une trace, opposer notre foi à notre foi et notre force à notre force, il y a de l’espoir. »
Le cinéaste a également évoqué les défis rencontrés lors de la réalisation de son film, considéré comme l’un de ses plus grands succès. « Il y a vingt ans, réaliser *Pan’s Labyrinth* revenait à lutter contre tout : financements refusés, problèmes en production et en post-production », a-t-il confié. « C’était la deuxième pire expérience de ma vie, après *Mimic* avec les Weinstein. »
Del Toro a par ailleurs réaffirmé son opposition farouche à l’intelligence artificielle dans la création cinématographique. « J’ai déjà dit *fuck AI* publiquement, et je préfère mourir plutôt que d’utiliser l’IA générative dans mon travail », a-t-il affirmé, en référence aux débats croissants autour de l’IA dans l’industrie.
La restauration 4K de *Pan’s Labyrinth*, réalisée à partir du négatif original 35 mm, est projetée dans le cadre de la section Cannes Classics du festival. Le film, primé aux Oscars en 2007, avait marqué l’histoire du Festival de Cannes avec une standing ovation record de 22 minutes lors de sa première mondiale en 2006.
« La dernière chose que nous pouvons offrir, c’est de choisir entre deux forces : l’amour ou la peur. Ne donnez jamais à la peur. » — Guillermo del Toro