Des espèces invasives transformées en cuir de luxe

En Floride, des espèces non natives comme le poisson-lion, le python birman ou l’iguane prolifèrent au détriment des écosystèmes locaux. Plutôt que de les éradiquer, une entreprise innovante, Inversa, les transforme en cuir pour des produits haut de gamme. La marque suédoise Grundéns propose désormais des tongs dont une partie est fabriquée à partir de cuir de poisson-lion.

Un fonds de capital-risque dédié à la biodiversité

Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large portée par Superorganism, le premier fonds de capital-risque entièrement dédié à la biodiversité. Fondé par Kevin Webb et Tom Quigley, ce fonds a levé près de 26 millions de dollars en début d’année, avec des investisseurs comme la Cisco Foundation et Builders Vision, une société d’investissement fondée par un héritier de Walmart.

Superorganism a déjà investi dans 21 startups, dont Inversa. Selon Kevin Webb, cofondateur du fonds, l’objectif est double : « Nous devons identifier des entreprises capables de générer des retours économiques exceptionnels tout en offrant des bénéfices écologiques majeurs. »

Profit et écologie : un modèle possible ?

L’idée que des entreprises puissent concilier profit et protection de l’environnement peut sembler paradoxale. Pourtant, Webb, diplômé en sciences de la durabilité, affirme que des opportunités existent. « Il y a des innovations qui réduisent les dommages environnementaux tout en étant rentables », explique-t-il.

Parmi les autres entreprises soutenues par Superorganism, Spoor se distingue. Cette startup développe une technologie utilisant des caméras et l’intelligence artificielle pour surveiller les oiseaux et les chauves-souris autour des éoliennes. Son objectif : réduire les collisions et optimiser la production d’énergie.

D’autres projets prometteurs

  • Spoor : Technologie de surveillance des oiseaux et chauves-souris pour les parcs éoliens.
  • Inversa : Transformation d’espèces invasives en cuir pour l’industrie de la mode.
  • Autres startups : Solutions technologiques pour une agriculture durable et une gestion des ressources naturelles.

Un changement de paradigme nécessaire

Historiquement, la recherche du profit a souvent conduit à la destruction des écosystèmes. Pourtant, des modèles comme celui de Superorganism montrent qu’une autre voie est possible. En combinant innovation et durabilité, ces entreprises prouvent qu’il est possible de générer des revenus tout en restaurant la biodiversité.

Pour Kevin Webb, l’enjeu est clair : « Nous devons repenser notre rapport à la nature et trouver des solutions où l’économie et l’écologie se renforcent mutuellement. »

Source : Vox