Les sénateurs de Louisiane ont adopté, dans la nuit de mardi à mercredi, une nouvelle carte électorale pour le Congrès, supprimant l’un des deux districts majoritairement noirs de l’État. Cette décision, qui oppose désormais les députés démocrates Troy Carter et Cleo Fields dans un même district, a été prise après des heures de débats et de témoignages de résidents.
Un processus législatif sous haute tension
Les membres de la commission sénatoriale ont siégé jusqu’à 4h30 du matin pour entendre les avis des habitants sur les deux propositions en lice. Le Sénat doit voter définitivement sur le texte jeudi, avant son passage à la Chambre des représentants la semaine prochaine.
Actuellement, la Louisiane compte six districts congressionnels : quatre à majorité blanche et deux à majorité noire. Le gouverneur Jeff Landry a justifié la nécessité d’une nouvelle carte pour relancer les élections à la Chambre des représentants, suspendues depuis le 30 avril après une décision de la Cour suprême dans l’affaire Callais.
Deux propositions opposées
Les sénateurs ont débattu deux cartes électorales pendant la nuit. La proposition retenue, adoptée par quatre voix contre trois, est celle du républicain Jay Morris. Elle s’appuie sur la carte de 2022 et conserve un district majoritairement noir s’étendant de La Nouvelle-Orléans à Bâton-Rouge, tandis que les autres deviennent majoritairement blancs.
La seconde proposition, soutenue par de nombreux résidents lors des auditions, était portée par le démocrate Ed Price. Elle prévoyait quatre districts blancs et deux districts d’« opportunité », censés offrir aux électeurs noirs une chance d’élire des candidats de leur choix. Cependant, cette option n’a pas obtenu suffisamment de voix pour être adoptée.
Un compromis évité
Derrière les coulisses, le sénateur démocrate Sam Jenkins a révélé que les élus avaient convenu de ne pas faire avancer une carte à six districts blancs, qui aurait éliminé toute représentation majoritaire noire au Congrès.
Une course contre la montre
Les législateurs doivent approuver la nouvelle carte avant la fin de la session, prévue le 1er juin, sous peine de retarder les élections congressionnelles. La pression est maximale pour éviter un nouveau blocage judiciaire ou politique.