Le Comité d'éthique de la Chambre des représentants a annoncé, jeudi, l'ouverture d'une enquête sur le député républicain Chuck Edwards (Caroline du Nord). Les allégations portent sur des faits de harcèlement sexuel et la création d'un environnement de travail hostile.
Des accusations graves et détaillées
Selon un rapport d'Axios, Edwards aurait eu des comportements inappropriés envers deux jeunes collaboratrices, âgées d'une vingtaine d'années. L'une d'elles aurait même déposé une plainte après avoir craint des représailles. Ces allégations ont motivé l'ouverture de l'enquête.
Dans un communiqué, le Comité a indiqué :
"Conformément à la règle 18(a) du règlement du Comité, une enquête est en cours pour déterminer si le représentant Chuck Edwards a pu créer ou favoriser un environnement de travail hostile, ou s'il s'est rendu coupable de harcèlement sexuel, en violation du Code de conduite officielle ou d'autres normes applicables."
Des interactions jugées dépassant les limites professionnelles
Les accusations rapportées par Axios incluent :
- Des lettres manuscrites à caractère affectueux ;
- Des cadeaux personnels ;
- Des sorties à caractère privé, comme des soirées arrosées ou des voyages à Las Vegas ;
- Des promotions professionnelles.
Ces éléments s'appuient sur plusieurs sources, des photographies et des messages texte obtenus par Axios. Edwards a nié toute faute, sans pour autant répondre directement aux allégations précises rapportées par le média.
Interrogé par CNN mardi, il a déclaré :
"Je pense que lorsque le Comité d'éthique aura terminé son enquête, les faits auront rattrapé les rumeurs et les ragots."
Une relation professionnelle jugée excessive
Parmi les éléments les plus troublants :
- Une lettre manuscrite de trois pages, où Edwards écrivait à une collaboratrice qu'elle avait "écrit un chapitre complexe dans son cœur", juste avant son départ du bureau ;
- Un puzzle personnalisé offert à une collaboratrice, représentant l'acteur Adam Sandler, accompagné d'une invitation à assister à l'un de ses spectacles comiques avec lui ;
- Un poème flatteur lu à voix haute par Edwards lors d'une fête de départ, devant l'ensemble du personnel, ce qui a profondément mis mal à l'aise plusieurs employés ;
- Un voyage à Las Vegas au Bellagio Hotel, organisé par Edwards plusieurs mois après le départ de la collaboratrice, avec des fleurs livrées dans sa chambre d'hôtel malgré son malaise.
Deux sources ont indiqué à Axios que la collaboratrice craignait que Edwards n'ait encore une influence sur sa carrière, même après son départ. Edwards, marié depuis 1980, n'a pas directement réagi aux accusations les plus précises.
Une enquête en cours
Cette enquête s'ajoute à celle déjà lancée le mois dernier par le Comité d'éthique, initialement pour des allégations non précisées. Les révélations d'Axios ont permis d'éclairer les motifs de cette investigation.
Les quatre sources citées par Axios ont décrit un malaise général au sein du personnel, notamment lors de la lecture du poème. Edwards, âgé de 65 ans, reste pour l'instant en fonction en attendant les conclusions de l'enquête.