Un militant pro-Trump derrière une décision historique de la Cour suprême

La Cour suprême des États-Unis a récemment affaibli le Voting Rights Act, une loi emblématique protégeant le droit de vote des minorités, dans l'affaire Louisiana v. Callais. Or, le plaignant principal, Phillip « Bert » Callais, est un militant pro-Trump et théoricien du complot, qui a participé à l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

Selon Democracy Docket, Callais a longtemps propagé des théories du complot sur la fraude électorale massive aux États-Unis. Ses publications sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et X (ex-Twitter), regorgent de contenus pro-MAGA, anti-vaccins et anti-démocrates, reflétant une vision radicale de la politique américaine.

Un profil en contradiction avec la plainte initiale

Dans la plainte déposée en 2024, Callais était présenté comme un « électeur non-afro-américain » de Brusly, en Louisiane, dont la circonscription avait été modifiée après un redécoupage électoral. Le document ne mentionnait pas son engagement politique ni ses liens avec les théories du complot.

En réalité, Callais est un militant partisan, profondément ancré dans les milieux complotistes de droite. Ses prises de position récentes incluent :

  • Doutes répétés sur la sécurité des élections, qualifiant le système de « manipulé » et prônant le retour aux bulletins papier comptés manuellement ;
  • Affirmations infondées sur la présence de « non-citoyens votant » aux États-Unis ;
  • Minimisation des conséquences de la suppression du vote par correspondance pour les électeurs âgés ou handicapés, suggérant : « Trouvez quelqu’un pour vous emmener voter. Ne laissez pas votre handicap mettre le reste du pays en danger. »

Un réseau d'influence au service d'une stratégie politique

Peu après l'arrêt de la Cour suprême, Seth Keshel, un autre théoricien du complot connu pour ses allégations de fraude électorale, a partagé sur X une photo le montrant en train de serrer la main de Callais. Keshel, cité dans The New York Times, est une figure centrale du mouvement « Stop the Steal ».

Cette affaire révèle une stratégie plus large : en s'appuyant sur des plaignants militants et des théories du complot, des responsables républicains et des donateurs fortunés cherchent à faire annuler des lois protégeant l'intégrité électorale. Callais, prêt à servir cette cause, incarne parfaitement cette alliance entre activisme partisan et manipulation juridique.

« Cette décision de la Cour suprême, obtenue grâce à un militant pro-Trump et complotiste, ouvre la voie à des restrictions électorales ciblées, au mépris des minorités et des électeurs vulnérables. »

Conséquences pour le droit de vote aux États-Unis

L'annulation partielle du Voting Rights Act, initialement conçu pour lutter contre la discrimination raciale dans l'accès au vote, pourrait avoir des répercussions majeures. Les États conservateurs pourraient désormais restreindre plus facilement l'accès aux urnes, notamment pour les minorités et les populations défavorisées.

Cette affaire soulève des questions sur l'influence des réseaux complotistes et des lobbies politiques dans le système judiciaire américain, ainsi que sur les risques pour la démocratie.