Cette semaine, tous les regards sont tournés vers la Réserve fédérale américaine, mais c’est peut-être le marché des obligations d’État qui détient la clé de l’évolution du Bitcoin. Le rendement à 10 ans, actuellement confiné dans l’une des fourchettes les plus étroites de l’année, pourrait bientôt choisir une direction, influençant ainsi indirectement la cryptomonnaie.
Le Bitcoin, en pleine reprise, dépend désormais d’un afflux d’investisseurs institutionnels et d’un maintien des conditions de liquidité. Si les obligations d’État, et notamment le rendement à 10 ans, se stabilisent avant que ces hypothèses ne soient confirmées, le marché obligataire pourrait alors dicter le prochain mouvement du Bitcoin, indépendamment de tout catalyseur spécifique au secteur crypto.
Entre le 1er et le 24 avril, le rendement à 10 ans est resté dans une fourchette serrée, comprise entre 4,26 % et 4,35 %, clôturant à 4,31 % le 24 avril, selon les données de la Fed de Saint-Louis (FRED). Cette compression, la plus étroite depuis le 16 janvier, rappelle un ressort prêt à se détendre.
Les analystes de Barron’s soulignent que les bandes de Bollinger du rendement à 10 ans se sont resserrées à leur niveau le plus étroit depuis le 16 janvier, un signal classique annonçant un mouvement directionnel imminent. Reuters ajoute que ce rendement s’inscrit également dans un triangle symétrique, une configuration technique souvent suivie d’une forte volatilité.
Le 27 avril, le rendement à 10 ans flirtait avec les 4,32 %, soutenu par la hausse des prix des matières premières et les tensions géopolitiques, qui alimentent les anticipations d’inflation. Ces facteurs échappent en grande partie au contrôle de la Fed, mais influencent directement la direction des obligations.
Un calendrier macroéconomique chargé
Une fourchette de rendement aussi comprimée reflète une accumulation d’énergie sur les marchés, prête à être libérée. Cette énergie pourrait se matérialiser dès cette semaine, avec une série d’indicateurs économiques majeurs :
- La réunion du FOMC les 28 et 29 avril ;
- La publication du PIB américain du premier trimestre et des données sur les revenus et dépenses personnelles de mars, incluant l’indice PCE, le 30 avril ;
- L’indice des coûts d’emploi, également attendu le 30 avril.
Ces trois publications en deux jours pourraient suffire à faire bouger significativement les obligations d’État, modifiant ainsi les conditions financières dont dépend actuellement le Bitcoin.
Le Bitcoin à un carrefour technique
Le Bitcoin se trouve actuellement dans une zone technique fragile, où une réévaluation des obligations pourrait se répercuter en premier. Les dernières données de CoinShares révèlent des entrées nettes de 1,2 milliard de dollars dans les produits d’investissement crypto la semaine dernière, marquant la quatrième semaine consécutive de flux positifs et la troisième au-dessus du milliard. Parmi ces flux, 933 millions de dollars ont été alloués au Bitcoin, 192 millions à l’Ethereum, portant les actifs sous gestion à 155 milliards de dollars.
Les données quotidiennes de Farside Investors confirment cette tendance : les ETF Bitcoin au comptant américains ont enregistré neuf sessions consécutives de flux positifs entre le 14 et le 24 avril, totalisant plus de 2 milliards de dollars d’entrées.
Cependant, le risque persiste : les investisseurs pourraient revenir sur le marché juste avant que les obligations ne choisissent une direction. Un précédent récent illustre ce danger : selon une note de CoinShares datée du 23 mars, les flux hebdomadaires avaient fortement ralenti, et les produits crypto avaient subi des sorties de 405 millions de dollars après la réunion du FOMC, perçue comme une pause restrictive. Pourtant, le Bitcoin avait alors montré une résilience, avant d’être rattrapé par une réévaluation macroéconomique.
Cette situation est particulièrement pertinente aujourd’hui, alors que le Bitcoin approche son test des 80 000 $.