Un projet opaque et controversé

Le secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, a reconnu devant le Congrès ne pas connaître l’origine de Freedom250, une initiative liée aux célébrations du 250e anniversaire des États-Unis. Pourtant, il joue un rôle central dans la promotion des projets du président Donald Trump pour cet événement historique.

Freedom250, une société à responsabilité limitée créée en décembre 2023 sous l’égide de la National Park Foundation (partenaire du Service des parcs nationaux, dépendant du ministère de l’Intérieur), a été financée en partie grâce à des fonds publics. Or, ces fonds étaient initialement destinés à America250, une organisation à but non lucratif créée par le Congrès pour organiser les festivités.

Des détournements de fonds dénoncés

Lors d’une audition devant la commission des Ressources naturelles de la Chambre des représentants, le député démocrate Jared Huffman a interrogé Burgum sur la création de Freedom250. Le secrétaire a admis ne pas savoir qui avait pris la décision finale. « Qui a ordonné la création de Freedom250 ? » a demandé Huffman. « Je ne suis pas au courant », a répondu Burgum.

Cette absence de transparence alimente les suspicions de détournement de fonds publics. Contrairement à America250, Freedom250 n’est pas tenue de respecter des règles de bipartisme ni de rendre des comptes sur l’utilisation des fonds. Pourtant, elle a pris en charge l’organisation d’événements majeurs liés au 250e anniversaire, comme :

  • Un festival de prière d’une journée sur le National Mall, présenté comme une célébration des « valeurs chrétiennes » ;
  • Un combat d’arts martiaux mixtes (MMA) prévu à la Maison-Blanche pour l’anniversaire de Trump ;
  • Une course automobile IndyCar autour du Mall en août.

Parallèlement, des entreprises proches de l’administration Trump sont incitées à financer Freedom250, tandis que le ministère de l’Intérieur alloue des fonds publics à ce projet, sans divulguer ses finances.

Un « fonds de cagnotte » pour des projets présidentiels ?

Lors de l’audition, Burgum a défendu un budget incluant des coupes drastiques pour la plupart des services de son ministère, tout en réclamant 10 milliards de dollars pour un fonds général. Selon l’administration, cet argent servirait à embellir les terres fédérales autour de Washington en lien avec le 250e anniversaire. Pourtant, les élus démocrates y voient un « fonds de cagnotte » destiné à financer des « projets vaniteux » du président.

Parmi ces projets figurent :

  • Un arc de 76 mètres prévu le long du Potomac ;
  • Une salle de bal estimée à 1 milliard de dollars, qui nécessiterait la destruction de l’aile Est de la Maison-Blanche.

Les démocrates ont souligné que ces dépenses n’étaient pas prévues dans le budget initial et pourraient violer les lois sur l’utilisation des fonds fédéraux.

Une résistance à la transparence

L’échange entre Burgum et Huffman illustre la réticence de l’administration Trump à rendre des comptes au Congrès. Alors que les États-Unis célèbrent une tradition de gouvernement divisé et une Constitution conférant au Congrès le contrôle des dépenses fédérales, Freedom250 et ses financements opaques posent question.

« Ce projet manque cruellement de transparence et semble conçu pour servir les intérêts politiques du président plutôt que ceux du pays. »
— Jared Huffman, député démocrate

Face aux critiques, l’administration Trump continue de promouvoir ses initiatives, tout en refusant de divulguer les détails financiers de Freedom250 ou du ministère de l’Intérieur.