Dans le cadre de la rubrique Crosstalk, les critiques de l'A.V. Club échangent sur les productions culturelles du moment. Cette fois, Jacob Oller et Monica Castillo analysent Lee Cronin’s The Mummy, un film qui soulève plus de questions qu'il n'en résout.

Un titre trompeur et une identité floue

Jacob Oller : Monica, ravi de t'accueillir pour cette discussion. Bien que nous soyons éloignés géographiquement, nous partageons souvent nos réactions sur les nouvelles sorties. Aujourd'hui, c'est Lee Cronin’s The Mummy, un film d'horreur studio qui, dès son titre, pose problème. D'abord, Cronin n'est pas un réalisateur grand public. Ensuite, ce film n'est même pas vraiment une histoire de momie.

Avec ses 133 minutes (pourquoi si long ?), le long-métrage oscille entre possession et exorcisme, s'inspirant visiblement de Sam Raimi et de *The Exorcist*. Pourtant, l'univers égyptien est rapidement éclipsé par une intrigue confuse. Qu'en as-tu pensé ?

Une confusion narrative et culturelle

Monica Castillo : Toujours un plaisir d'échanger avec toi, Jacob, même sur des films médiocres. Lee Cronin’s The Mummy ressemble à une tentative ratée de fusionner *The Exorcist* et une momie, avec des incohérences flagrantes. Pourquoi une momie prend-elle possession du corps d'une fillette ? Pourquoi des prières postérieures à cette civilisation antique agissent-elles sur elle ?

Le film emprunte des éléments visuels à *Evil Dead*, comme l'utilisation d'un rosaire rappelant la scène de l'arbre dans *The Evil Dead*. Pourtant, il s'apparente davantage à *The Exorcist II : The Heretic*, avec une narration surchargée et un manque total de style. Sans compter l'exotisation des Égyptiens, réduite à un rôle de figurants dans leur propre histoire.

Des choix scénaristiques discutables

Jacob Oller : Tu as raison. Le film donne l'impression d'avoir été conçu pour remplacer un exorcisme par une femme égyptienne, venue du Caire en un temps record. L'ouverture promettait une plongée dans l'Égypte moderne, mais le scénario a rapidement dévié vers une possession classique.

D'ailleurs, tu as récemment revu le classique de 1932 avec Boris Karloff, un film bien plus maîtrisé et romantique, avec des effets spéciaux bien plus marquants que cette version 2026. La transformation de Katie en monstre numérique, d'abord intrigante, finit en une masse de pixels informe. Que penses-tu de cette évolution ?

Un monstre numérique et des incohérences

Monica Castillo : C'est d'autant plus décevant que le film accumule les incohérences. Entre les prières anachroniques et une momie qui se comporte comme un démon, on se demande où est passée la mythologie égyptienne. Même les effets spéciaux, censés être le point fort du film, déçoivent. Katie, d'abord crédible, devient un simple blob numérique au fil des scènes.

En résumé, Lee Cronin’s The Mummy est un film qui peine à trouver son identité, entre horreur, exorcisme et aventure égyptienne. Un titre trompeur pour un résultat décevant.

« Ce film ressemble à un *Exorcist* en costume de momie, sans aucune cohérence. »
— Monica Castillo, critique de l'A.V. Club

Pourquoi ce film échoue à être une vraie aventure de momie ?

  • Un scénario confus, mélangeant possession et exorcisme sans logique.
  • Des incohérences culturelles et historiques flagrantes.
  • Des effets spéciaux numériques qui gâchent l'immersion.
  • Un titre trompeur, loin de l'esprit des classiques du genre.
Source : AV Club