Les constructeurs automobiles américains, souvent perçus comme les plus « américains » du marché, importent en réalité bien plus de véhicules qu’on ne le pense. Selon les dernières données, General Motors (GM) a importé 1,17 million de voitures aux États-Unis en 2024, un chiffre cinq fois supérieur à celui de BMW. Cette tendance remet en question l’idée d’une production entièrement locale des « Big Three » (Ford, GM et Stellantis).

GM et Ford : des importations massives, malgré une image « américaine »

GM domine largement en matière d’importations, avec 1,17 million de véhicules importés en 2024, selon les données de S&P Global rapportées par le Detroit News. Ces importations représentent une part significative des 2,85 millions de véhicules vendus par le constructeur aux États-Unis. Parmi les modèles concernés, on trouve des véhicules produits en Corée du Sud, comme le Chevrolet Trax, le Trailblazer, le Buick Envista et le Buick Encore GX.

Ford, bien que moins dépendant des importations, a tout de même importé 378 123 véhicules l’an dernier. Une grande partie provient du Mexique, notamment des modèles comme le Maverick, le Bronco Sport, le Mustang Mach-E et le Lincoln Nautilus, ce dernier étant même produit en Chine. Malgré ces chiffres, Ford reste le constructeur américain qui vend le plus de véhicules sur le sol américain.

« Les constructeurs américains misent sur une production locale tout en important massivement. Cette stratégie reflète les contraintes des chaînes d’approvisionnement et les coûts de production à l’étranger. »

Stellantis et les constructeurs étrangers : une concurrence accrue

Stellantis, maison mère de Jeep, Chrysler et Dodge, a importé 513 893 véhicules aux États-Unis en 2024. Le groupe a cependant commencé à relocaliser certaines productions, comme l’assemblage du Jeep Compass dans l’Illinois. Malgré ces efforts, les importations restent élevées.

Côté constructeurs étrangers, BMW a importé 215 078 véhicules, un chiffre inférieur à ceux des « Big Three ». Pourtant, ces importations représentent plus de la moitié des 388 897 véhicules vendus par BMW aux États-Unis en 2024. D’autres marques étrangères importent également massivement :

  • Nissan : 429 451 véhicules importés
  • Volkswagen : 452 220 véhicules importés
  • Honda : 556 404 véhicules importés
  • Hyundai : 1 092 478 véhicules importés
  • Toyota : 1 192 969 véhicules importés

Tesla : l’exception américaine

Contrairement à ses concurrents, Tesla n’a importé aucun véhicule aux États-Unis en 2024. Tous ses modèles vendus sur le marché américain sont produits localement, avec une part de contenu nord-américain parmi les plus élevées du secteur. Une stratégie qui renforce son image de marque « made in USA ».

Une transition difficile vers la production locale

Malgré les investissements massifs dans les usines américaines, les constructeurs peinent à réduire leurs importations. GM, par exemple, a annoncé un investissement de 600 millions de dollars dans ses opérations en Corée du Sud pour augmenter sa production locale, tout en développant ses capacités aux États-Unis. Cependant, réorganiser les chaînes de production et les chaînes d’approvisionnement prend des années, limitant la réactivité face aux changements politiques ou économiques.

Les tarifs douaniers, comme ceux imposés sous l’administration Trump, rendent les importations plus coûteuses. Pourtant, les constructeurs continuent de dépendre de ces flux pour répondre à la demande, notamment pour des modèles spécifiques ou des volumes de production insuffisants sur le sol américain.

En résumé : qui domine vraiment le marché ?

  • GM, Ford et Stellantis importent massivement, malgré leur image de marques américaines.
  • BMW et d’autres constructeurs étrangers importent moins en volume, mais ces importations représentent une part majeure de leurs ventes aux États-Unis.
  • Tesla se distingue par une production 100 % locale et une absence totale d’importations.
  • La transition vers une production entièrement américaine reste un défi de taille pour l’industrie.
Source : CarScoops