La récente publication de l’Association des joueurs de la NFL (NFLPA) sur les réseaux sociaux relance le débat sur la qualité des terrains de football américain. Le tweet renvoie à une intervention de JC Tretter, directeur exécutif de la NFLPA, dans l’émission Not Just Football, animée par Cam Heyward. Tretter y défend fermement la préférence des joueurs pour le gazon naturel, un sujet qui, selon lui, ne devrait même pas faire débat.
« Ce que nous voulons, ce sont des terrains en gazon de qualité, solides et bien entretenus », a déclaré Tretter, cité par Jordan Raanan d’ESPN. « On ne peut pas se contenter de sortir du gazon de terrain de golf municipal. Chaque stade doit offrir une surface de haute qualité. »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 1 700 joueurs interrogés par la NFLPA, 92 % privilégient le gazon naturel au synthétique. Seuls 8 % des joueurs, probablement des botteurs ou des punters, ou encore des jeunes joueurs soucieux de vitesse, préfèrent le synthétique. Mais cette préférence est souvent temporaire, comme l’a souligné Chris Simms lors de son passage dans l’émission PFT Live.
« Il y a quelque chose dans le ressenti sur gazon », explique Tretter. « Même les entraîneurs, après trois heures debout sur un terrain, sentent la différence entre gazon et synthétique. Ce n’est pas anodin pour le corps. »
La NFL avance que le taux de blessures est similaire sur les deux surfaces. Pourtant, les douleurs chroniques et l’accumulation des chocs subis par les joueurs sur synthétique ne sont pas comptabilisées comme des blessures. Ces contraintes pourraient, à long terme, favoriser l’apparition de blessures, quel que soit le type de surface.
Pour l’instant, ce sujet reste un point de négociation entre les joueurs et les propriétaires. Ces derniers privilégient le synthétique pour des raisons économiques : coût réduit et facilité d’accueil d’événements rentables comme des concerts ou des compétitions de monster trucks.
« Il est crucial d’avoir des critères stricts pour garantir que les stades soient principalement utilisés pour le football », insiste Tretter. « Les propriétaires en tirent des revenus, mais les joueurs n’en bénéficient pas. Imposer des surfaces de moindre qualité pour accueillir ces événements, sans que les joueurs ne perçoivent une partie des profits, n’est pas équitable. C’est un point que nous devrons évaluer lors des prochaines négociations. »
La question centrale est de savoir ce qu’il faudra pour convaincre la ligue d’accepter d’installer et d’entretenir des terrains en gazon naturel de haute qualité pour les 10 matchs par an (hors rencontres internationales et incluant les matchs de playoffs) dans chaque enceinte. Est-ce un compromis acceptable dans le cadre d’un calendrier élargi à 18 matchs ?
Pour les propriétaires déjà équipés de gazon naturel, la réponse est simple : cela ne leur coûte rien. En revanche, pour ceux qui devraient investir dans une telle infrastructure, la décision dépendra des concessions obtenues en échange, notamment sur la répartition des revenus générés par les événements non sportifs.