Les tensions entre Donald Trump et le Vatican s’intensifient après une nouvelle passe d’armes verbale. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a tenté de défendre son président en réinterprétant ses propos sur le pape Léon XIV, lors d’un échange avec une journaliste à la Maison-Blanche mardi.
Interrogé sur les déclarations de Trump accusant le souverain pontife de « mettre en danger de nombreux catholiques », Rubio a rétorqué : « Je ne pense pas que ce soit une description exacte de ses propos. » Il a ensuite reformulé les propos du président en affirmant que Trump évoquait simplement la menace que représenterait un Iran doté de l’arme nucléaire pour les populations catholiques et chrétiennes.
Pourtant, les mots exacts de Trump contredisent cette version. Dans une interview diffusée lundi sur une radio conservatrice, le président américain a déclaré : « Je pense qu’il met en danger de nombreux catholiques et de nombreuses personnes. Mais je suppose que, selon le pape, il serait acceptable qu’un Iran possède l’arme nucléaire. »
Les preuves de ces déclarations ont été relayées sur les réseaux sociaux, confirmant que Trump a bien tenu ces propos. Cette tentative de Rubio de réécrire les déclarations de son président s’inscrit dans une série d’attaques répétées de Trump contre le pape.
Le mois dernier, Trump avait déjà critiqué le souverain pontife sur Truth Social, le qualifiant de « faible en matière de sécurité et désastreux pour la politique étrangère ». Ces attaques surviennent après que le pape a appelé à la paix mondiale lors de son discours annuel, suscitant la colère de l’administration Trump et de certains de ses alliés.
Le Vatican a d’ailleurs rejeté une invitation de la Maison-Blanche à accueillir le pape pour les célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, le 4 juillet. Le pape Léon XIV a réaffirmé sa détermination à poursuivre son engagement pour la paix, malgré les pressions : « Je continuerai à dénoncer la guerre et à promouvoir le dialogue et les relations multilatérales pour trouver des solutions justes. Trop de personnes souffrent dans le monde aujourd’hui. Trop d’innocents sont tués. Quelqu’un doit se lever et dire qu’il existe une meilleure voie. »
Les relations entre les États-Unis et l’Iran se sont également tendues sous la présidence Trump. En 2018, l’Iran ne disposait pas d’assez d’uranium enrichi pour fabriquer une seule bombe, trois ans après la signature de l’accord nucléaire JCPOA sous l’administration Obama. La situation a radicalement changé après le retrait des États-Unis de cet accord par Trump, permettant à Téhéran de relancer son programme d’enrichissement.