Le biopic « Michael », réalisé par Antoine Fuqua et centré sur la vie de Michael Jackson, confirme son succès commercial en battant des records au box-office. Le film a engrangé 97 millions de dollars sur le territoire américain et 217 millions de dollars à l’international lors de son premier week-end d’exploitation. Pourtant, cette performance contraste fortement avec les avis des critiques, qui ont largement boudé le long-métrage.

Avec un score de 33 % sur Rotten Tomatoes, « Michael » est loin de convaincre les professionnels du cinéma. La fille du défunt chanteur, Paris Jackson, a également critiqué le film pour son traitement édulcoré de la vie de son père, occultant notamment les controverses judiciaires liées aux allégations d’abus sexuels. Malgré ces réserves, le public a massivement plébiscité le biopic, lui attribuant un score de 97 % sur la même plateforme.

Cette fracture entre critiques et spectateurs n’est pas nouvelle, mais elle s’accompagne désormais d’une hostilité croissante en ligne. Certains fans, frustrés par les mauvaises critiques, n’hésitent pas à s’en prendre aux professionnels, réduisant le débat artistique à une simple question de « victoire » ou de « défaite ». Comme l’a souligné le critique Bilge Ebiri dans Vulture :

« La plupart des personnes qui s’énervent contre les critiques pour ne pas aimer un grand film ne s’intéressent même pas à la critique en elle-même. Elles s’attaquent aux scores de Rotten Tomatoes ou à des détails similaires. Pour elles, il ne s’agit pas d’art, mais de sport. »

Faut-il pour autant minimiser le rôle des critiques ? Non. Leur travail reste essentiel, qu’il s’agisse de films d’auteur ou de blockbusters. Cela dit, il est tout aussi légitime pour les spectateurs de chercher avant tout à passer un bon moment au cinéma. Parfois, critiques et public s’accordent même : « Project Hail Mary » ou « Elvis » de Baz Luhrmann ont été salués par les deux camps.

Cependant, les polémiques enflammées autour de « Michael » sur les réseaux sociaux, notamment sur X (ex-Twitter) et Reddit, apparaissent stériles et contre-productives. Elles surviennent à un moment où la critique cinématographique, déjà fragilisée par la crise des médias traditionnels et l’essor des fake news, doit faire face à une baisse de la culture médiatique.

Pendant ce temps, les studios, comme Lionsgate, se frottent les mains. Avec un tel démarrage, « Michael » est en passe de devenir le film le plus rentable de Lionsgate depuis la fin de la saga « Hunger Games ». Le biopic devrait dépasser les 200 millions de dollars de recettes aux États-Unis, un exploit inédit pour un film du studio en dehors de ses franchises phares. À l’échelle mondiale, il pourrait même figurer parmi les cinq plus gros succès de Lionsgate de tous les temps, avant ajustement de l’inflation.

Un succès qui, pour l’instant, semble échapper aux critiques.

Source : The Wrap