Une rencontre tendue à Redford

À Redford, au Texas, une rare réunion en présentiel a révélé la stratégie de l'administration Trump face aux propriétaires terriens opposés au mur frontalier. Le message était clair : collaborez, ou le mur sera construit malgré vous.

Des méthodes contestées

Depuis le début de l'année, l'US Army Corps of Engineers envoie des courriers aux propriétaires, parfois avec des erreurs dans les relevés ou les informations cadastrales. Ces documents proposent des compensations entre 1 000 et 5 000 dollars pour un accès initial aux terrains, dans le cadre de trois options menant toutes à une expropriation partielle ou totale par la CBP (Customs and Border Protection).

Des options sans issue

  • Signer un accord de droit d'accès pour les travaux, avec une indemnisation ultérieure.
  • Refuser, mais risquer une expropriation par domaine éminent.
  • Ignorer les courriers, accélérant ainsi le processus d'acquisition forcée.

Un calendrier accéléré malgré les risques

Le secteur de Big Bend, où se trouvent des parcs nationaux et d'État, est prioritaire. Vingt-huit dérogations environnementales et culturelles ont été signées pour accélérer les travaux, justifiées par une « invasion » à la frontière sud. Les entreprises de construction installent déjà des camps provisoires, avec l'objectif de commencer les travaux en juin – au début de la saison des pluies et des inondations soudaines.

« Si l'administration a un plan et que le propriétaire ne répond pas, c'est un message clair : vous n'êtes pas d'accord. Mais vous n'aurez pas non plus la possibilité de proposer une alternative. »
Marvin Makarwich, représentant de l'US Army Corps of Engineers

Des erreurs administratives dénoncées

Les propriétaires critiquent les relevés cadastraux incomplets ou erronés, comme le montre une carte partielle où les limites de propriété sont mal délimitées. Si les travaux suivaient ces tracés, le mur pourrait traverser des zones privées sans compensation équitable.

Un impact économique et environnemental

Les résidents, éleveurs et acteurs du tourisme s'inquiètent des conséquences. Les « man camps » (camps de travailleurs) et la location massive de parcs de camping locaux perturbent l'économie locale. Par ailleurs, les dérogations environnementales ignorent les protections des parcs nationaux, suscitant l'indignation des associations.

L'administration Trump vise une finalisation des travaux d'ici décembre 2027, malgré les oppositions et les risques techniques.

Source : Axios