Le président Donald Trump a nommé Nicole Saphier au poste de chirurgien général américain, mais cette troisième tentative en moins d’un an suscite des tensions au sein de sa base. Entre les partisans du mouvement MAGA et ceux du MAHA, les désaccords persistent. Pourtant, une solution simple existe : laisser ce poste vacant et plaider pour sa suppression.
Une nomination controversée, mais pas la première
Nicole Saphier, radiologue de formation, incarne une approche médicale plus conventionnelle. Elle s’est notamment distinguée par ses critiques envers Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé, dont les positions sur la santé publique ont souvent frôlé le complotisme. Son profil contraste avec celui des deux précédents candidats, Janette Neshiewat et Casey Means, dont les nominations avaient échoué en raison de questions sur leurs qualifications.
Bien que Saphier ait plus de chances d’être confirmée par le Sénat, cette nomination risque d’aggraver les divisions au sein de la base trumpiste. Pourtant, le poste qu’elle convoite est lui-même sujet à débat.
Un poste devenu inutile et politisé
Selon Jeffrey A. Singer, chirurgien et chercheur senior à l’Institut Cato, le poste de chirurgien général et son corps médical associé sont des « reliques inutiles ». Il estime que cette fonction, autrefois apolitique, s’est transformée en une tribune politique, s’immisçant dans des débats dépassant largement son champ de compétence, comme le contrôle des armes ou les politiques sociales. Cette politisation mine la crédibilité des missions sanitaires légitimes.
Une évolution historique et bureaucratique
Créé à l’origine pour soigner les marins marchands malades ou blessés, le Bureau du chirurgien général a progressivement étendu ses missions. Il a supervisé un système hospitalier national, puis a été rebaptisé Service de santé publique, avec un corps médical organisé sur le modèle militaire. En 1968, le chirurgien général a perdu le contrôle direct de ce service, devenant un poste consultatif avec une autorité limitée sur le Corps des officiers de santé publique.
Or, de nombreux officiers de ce corps sont aujourd’hui affectés à des agences extérieures au ministère de la Santé, comme l’Agence de protection de l’environnement, le Bureau des prisons ou encore le Département de la Défense. Le chirurgien général n’a donc plus de rôle clairement défini, si ce n’est celui d’un « rabat-joie national » qui donne des leçons aux Américains.
Une suppression logique et nécessaire
Face à cette situation, la suppression pure et simple du poste de chirurgien général apparaît comme la solution la plus rationnelle. Non seulement cela mettrait fin aux querelles politiques inutiles, mais cela permettrait aussi de rationaliser les dépenses publiques et de recentrer les efforts sur des missions sanitaires essentielles.
« Le Bureau du chirurgien général et le Corps des officiers de santé publique sont des reliques inutiles. Leur suppression renforcerait la crédibilité des fonctions sanitaires légitimes. »
Conclusion : une réforme urgente
Plutôt que de s’enliser dans des débats stériles sur une nomination, l’administration Trump devrait saisir cette opportunité pour supprimer un poste devenu obsolète. Cette décision mettrait fin aux divisions internes et permettrait de concentrer les ressources sur des priorités sanitaires réelles.