Les prix du pétrole ont enregistré une hausse significative de près de 6 % dimanche soir, après une nouvelle escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran au cours du week-end.
Une remontée spectaculaire après un plongeon vendredi
Cette augmentation, observée dès l'ouverture des marchés internationaux, compense en grande partie la chute brutale enregistrée vendredi. À cette date, les déclarations du président américain Donald Trump et du ministre iranien des Affaires étrangères avaient évoqué une réouverture du détroit d'Ormuz au trafic maritime.
Toutefois, la persistance des restrictions sur le transit maritime maintient les prix du brut à un niveau élevé, ce qui impacte directement les consommateurs américains, malgré la position des États-Unis comme premier producteur mondial de pétrole.
Des cours records en fin de semaine
Le baril de Brent, référence mondiale, a atteint 95,42 $ dimanche soir, tandis que le WTI, référence américaine, s'est établi à 89,77 $. Ces niveaux se maintenaient en fin de journée.
Une escalade militaire récente
Les tensions se sont encore aggravées après que les forces américaines ont saisi un navire iranien battant pavillon, accusé d'avoir tenté de contourner un blocus naval américain dans le golfe d'Oman. Cette opération, annoncée par Donald Trump, marque la première interception et le premier navire visé par des tirs depuis l'instauration du blocus il y a une semaine.
Cette mesure américaine fait suite à la décision de l'Iran de restreindre l'accès au détroit d'Ormuz, une voie stratégique pour le transport pétrolier, depuis le début du conflit le 28 février.
L'Iran a réaffirmé samedi que le détroit était de nouveau fermé à la circulation maritime, menaçant de renforcer ses mesures si le blocus américain se poursuivait.
Des incertitudes persistantes pour les armateurs
Avant même les événements de ce week-end, les analystes s'interrogeaient sur la capacité des annonces de vendredi à rassurer suffisamment les propriétaires de navires pour relancer le transit.
Des répercussions sur les prix à la pompe
Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a indiqué dimanche matin que les prix de l'essence aux États-Unis pourraient ne pas redescendre sous la barre des 3 $ le gallon avant l'année prochaine.
« Les prix ont probablement atteint leur pic, et ils commenceront à baisser, surtout avec une résolution du conflit. Vous verrez alors les prix diminuer. »
— Chris Wright, secrétaire à l'Énergie, sur CNN
Wright a également souligné que des prix inférieurs à 3 $ le gallon restaient « exceptionnels » en termes de pouvoir d'achat ajusté à l'inflation. Il a défendu la gestion de cette crise par l'administration Trump.
Des prix records malgré une légère baisse
Les prix moyens de l'essence aux États-Unis ont atteint un pic historique cette année à 4,16 $ le gallon, avant de redescendre à 4,05 $ selon les données de l'AAA. Wright a précisé que ce niveau reste inférieur au pic enregistré en 2022 sous l'administration Biden (environ 5,02 $ le gallon).
Négociations en cours pour éviter une escalade
Une délégation américaine dirigée par le vice-président JD Vance se rendra à Islamabad pour de nouvelles discussions avec l'Iran avant la fin de la trêve, prévue mardi soir. Ces négociations pourraient offrir une dernière chance d'aboutir à un accord ou, à défaut, de prolonger la trêve.
Cependant, l'Iran n'a pas encore confirmé sa participation, craignant que ces pourparlers ne servent de couverture à une attaque surprise des États-Unis.