Une décision historique sous Trump
Lors de la signature d’un décret visant à accélérer l’évaluation réglementaire des psychédéliques prometteurs en thérapie, le président Donald Trump a exprimé son impatience face au retard pris dans la reclassification du cannabis. « Allez-vous enfin finaliser ce reclassement ? » a-t-il lancé au secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr. « On me fait traîner des pieds… Vous allez le faire, n’est-ce pas ? »
Un changement limité mais significatif
Lundi, l’avocat général par intérim, Todd Blanche, a signé un arrêté déplaçant le cannabis médical autorisé par les États du Schedule I – la catégorie la plus restrictive – vers le Schedule III. Cette nouvelle classification inclut des substances comme la kétamine, les stéroïdes anabolisants ou le Tylenol codéiné. Les futurs médicaments à base de cannabis approuvés par la FDA rejoindront également cette catégorie.
Cette mesure ne remet pas en cause l’interdiction fédérale du cannabis, même à usage médical. Une légalisation nécessiterait l’approbation spécifique de produits par la FDA. Cependant, elle reconnaît l’absence de fondement scientifique du classement actuel en Schedule I, critiqué depuis des décennies. Elle ouvre aussi la voie à des recherches approfondies et allège la pression fiscale sur les producteurs agréés par les États, leur permettant de déduire leurs charges d’exploitation.
« Le département de la Justice concrétise la promesse du président Trump d’élargir l’accès des Américains à des options de traitement médical. »
Todd Blanche, avocat général par intérim« Cette reclassification permet d’étudier la sécurité et l’efficacité du cannabis, offrant aux patients de meilleurs soins et aux médecins des données plus fiables. »
Des étapes supplémentaires attendues
L’arrêté de Blanche est plus restreint que la réforme envisagée en décembre 2024, lorsque Trump avait ordonné à l’ancienne avocate générale Pam Bondi de déplacer le cannabis vers le Schedule II « de la manière la plus expéditive possible ». Une révision plus large, incluant l’ensemble du cannabis, est en cours et ne sera finalisée qu’après une audience publique de la DEA, prévue à partir du 29 juin.
Selon Blanche, les systèmes de licence médicale des États (40 États autorisent actuellement cette pratique) garantissent déjà un encadrement strict : prévention du détournement, sécurité des produits, traçabilité et inspections. « Intégrer ces systèmes dans le cadre fédéral représente la solution la plus efficace pour atteindre les objectifs du CSA en matière de cannabis médical. »
Ce que change concrètement le reclassement
- Recherche facilitée : Les scientifiques pourront étudier le cannabis sans les contraintes actuelles du Schedule I.
- Avantages fiscaux : Les entreprises agréées pourront déduire leurs dépenses professionnelles de leurs impôts fédéraux.
- Cadre légal inchangé : La consommation récréative et la vente de cannabis restent interdites au niveau fédéral.
- Prochaines étapes : Une audience de la DEA en juin déterminera si une reclassification plus large est possible.
Réactions et perspectives
Les associations de patients et les industriels du secteur saluent cette avancée, bien que limitée. « C’est une victoire pour les millions d’Américains qui bénéficient déjà du cannabis médical, mais aussi pour ceux qui espèrent des traitements innovants », déclare un porte-parole de l’American Medical Association.
Les détracteurs, en revanche, soulignent que le Schedule III maintient des restrictions importantes. « Ce n’est qu’une première étape. La légalisation complète reste indispensable », réplique une militante de la National Organization for the Reform of Marijuana Laws.