Le retrait soudain des troupes américaines en Europe, motivé par l’agacement de Donald Trump face au manque d’enthousiasme des pays européens à s’engager dans son conflit avec l’Iran, se poursuit. Selon le Wall Street Journal, le Pentagone a annulé cette semaine le déploiement d’une brigade blindée vers la Pologne. Certains équipements et soldats étaient déjà en route lorsque l’ordre d’annulation a été donné.

Une rencontre diplomatique sous le signe du kowtow moderne

La visite de Donald Trump en Chine a été marquée par des scènes de soumission symbolique, rappelant l’époque des empereurs chinois. Xi Jinping a accueilli le président américain avec les honneurs : garde d’honneur, enfants en liesse et salve de 21 coups de canon. Pourtant, comme l’écrivait William Kristol dans Weekly Standard, l’esprit du kowtow – l’acte de s’agenouiller et de toucher le sol du front devant l’empereur – était bien présent, mais adapté au XXIe siècle.

Xi Jinping a salué les États-Unis et la Chine comme des partenaires, et non des adversaires. Trump, quant à lui, a multiplié les compliments à l’égard du dirigeant chinois :

« J’ai un tel respect pour la Chine, pour le travail que vous avez accompli. Vous êtes un grand leader. Je le dis à tout le monde, vous êtes un grand leader. »

Le président américain a également exprimé son admiration pour les enfants chinois alignés pour l’accueillir :

« J’ai été particulièrement impressionné par ces enfants. Ils étaient heureux, ils étaient beaux. Ces enfants étaient incroyables. »

Une diplomatie de la flatterie et des ambitions réduites

Cette rencontre, présentée comme un sommet historique par Trump, a en réalité déçu les observateurs. Politico la qualifie de « sommet rétréci », passant d’un ambitieux « grand bargain » à une simple demande d’aide pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Pourtant, les attentes étaient déjà faibles : aucun analyste en politique étrangère ne s’attend à un accord majeur.

Trump a tenté de donner une dimension spectaculaire à l’événement :

« Il y a ceux qui disent que c’est peut-être le plus grand sommet de tous les temps. Ils ne se souviennent jamais de rien de tel. Je peux dire aux États-Unis que les gens n’en parlent pas d’autre chose. »

Cependant, sur le terrain, l’enthousiasme semble bien moindre. Les observateurs soulignent que les priorités de Trump en matière de politique étrangère restent floues, entre provocations envers l’Iran et tentatives de rapprochement avec la Chine, malgré les tensions commerciales persistantes.

Un retrait militaire qui interroge

L’annulation du déploiement de la brigade blindée vers la Pologne s’ajoute à une série de décisions militaires controversées. Cette mesure, justifiée par le manque de soutien européen dans le conflit iranien, pourrait affaiblir la position des États-Unis en Europe de l’Est. Les alliés traditionnels de Washington s’interrogent sur la fiabilité de l’engagement américain, dans un contexte où les tensions avec la Russie restent vives.

Conclusion : une diplomatie à l’image de Trump

La rencontre entre Trump et Xi Jinping illustre une approche diplomatique où les gestes symboliques et les compliments l’emportent sur les résultats concrets. Entre flatterie et annulations militaires, la politique étrangère américaine semble plus que jamais imprévisible, suscitant des interrogations sur sa cohérence et son efficacité.

Source : The Bulwark