Depuis quelques mois, les marchés financiers et les réseaux sociaux s’amusent à détourner les actions de Donald Trump en acronymes aussi savoureux que douteux. Après TACO (« Trump Always Chickens Out »), voici que NACHO (« Not a Chance Hormuz Opens ») fait son apparition, transformant les stratégies boursières en un menu de fast-food.
TACO : la stratégie qui a fait ses preuves
L’acronyme TACO, inventé par le chroniqueur du Financial Times Robert Armstrong en mai 2024, décrit une tactique d’investissement basée sur les revirements de Trump. L’idée ? Acheter des actions après une annonce de tarifs douaniers, en anticipant que le président américain ferait machine arrière peu après. Une méthode qui a séduit les traders, malgré les annonces contradictoires de la Maison-Blanche.
Cette stratégie a été testée à plusieurs reprises, notamment lors des tensions commerciales avec la Chine. Pourtant, son efficacité reste limitée par l’imprévisibilité de Trump, qui alterne entre menaces et reculs.
NACHO : le nouveau mot d’ordre face à l’Iran
Avec l’escalade des tensions au Moyen-Orient, un autre acronyme a émergé : NACHO. Popularisé par le journaliste de Bloomberg Javier Blas, il signifie « Not a Chance Hormuz Opens », en référence à la fermeture probable du détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le transport du pétrole.
Malgré les ultimatums répétés de Trump envers l’Iran, le détroit reste menacé. Le 29 avril 2025, Trump a même évoqué la possibilité de bloquer les ports iraniens pendant plusieurs mois. Une décision qui, si elle était appliquée, pourrait provoquer une crise énergétique mondiale.
Les réactions de la Maison-Blanche
Face à ces acronymes moqueurs, la Maison-Blanche n’a pas caché son agacement. En 2024, Trump avait qualifié le terme TACO de « méchant » lors d’une conférence de presse. Plus récemment, le porte-parole Kush Desai a ironisé sur l’origine de ces néologismes : « Ces mêmes génies qui pensaient que Trump ne parviendrait jamais à négocier des accords commerciaux ou à réduire les prix des médicaments ? »
Pourtant, ces acronymes reflètent une réalité plus large : l’incertitude politique qui pèse sur les marchés. Entre revirements et ultimatums, les investisseurs peinent à anticiper les décisions de l’administration Trump, transformant chaque annonce en un pari risqué.
Un phénomène qui dépasse la finance
Les acronymes comme TACO ou NACHO ne sont pas les seuls à émerger dans le débat public. Trump lui-même a suggéré de rebaptiser l’agence Immigration and Customs Enforcement (ICE) en NICE, une tentative de réhabilitation de son image. Ces jeux de mots, bien que souvent humoristiques, révèlent une tendance à la simplification des enjeux politiques en slogans accrocheurs.
Alors que les tensions géopolitiques et commerciales s’intensifient, ces acronymes pourraient bien s’imposer comme de nouveaux marqueurs de l’ère Trump, mêlant finance, satire et stratégie politique.