L’Alabama poursuit son projet de redécoupage électoral controversé après l’affaiblissement du Voting Rights Act par la Cour suprême. Le gouverneur républicain Kay Ivey a annoncé vendredi la convocation d’une session législative spéciale dès la semaine prochaine pour adopter de nouvelles cartes électorales et préparer des primaires anticipées.
Cette initiative intervient après que le procureur général de l’État, Steve Marshall, a demandé à la Cour suprême d’autoriser l’application de nouvelles cartes, redessinées en 2023 mais bloquées par le Voting Rights Act. Dans sa décision rendue mercredi dans l’affaire Louisiana v. Callais, la majorité conservatrice de six juges a affaibli la section 2 du Voting Rights Act, qui interdit les discriminations raciales dans les processus électoraux. Bien que cette section ne soit pas totalement supprimée, la Cour a relevé le seuil de preuve pour les recours en gerrymandering racial et ouvert la porte à des justifications partisanes.
Les nouvelles cartes menacent directement les deux districts à majorité noire de l’État : le 2ᵉ et le 7ᵉ district congressionnel. Le 2ᵉ district, actuellement représenté par le démocrate Shamari Figures, verrait sa population noire passer de 49 % à 40 %, selon Alabama Reflector. Le 7ᵉ district, le plus ancien district majoritairement noir de l’État et représenté par Terri Sewell depuis 1993, inclut Selma, Birmingham et Montgomery.
L’influenceur d’extrême droite CJ Pearson a salué cette décision sur X (ex-Twitter), affirmant qu’elle « conduira probablement à une délégation 100 % républicaine » au Congrès. Pearson, qui avait révélé en premier l’initiative de la gouverneure, a précisé qu’elle résultait des pressions exercées par Marshall, la candidate au poste de procureur général Katherine Robertson, et le secrétaire d’État Wes Allen.